Gaïa et l’intelligent design

Posté par Timothée le 16 April 2008 | , , ,

Dans son dernier article paru sur le blog de propagande néo-créationniste Overwhelming evidence, Denyse O’Leary s’est penchée sur le cas d’un sujet qui m’intéresse tout particulièrement, la très fameuse hypothèse Gaïa. Et comme a son habitude, elle part d’un fait scientifique pour tenter de nous montrer que nous sommes le résultat d’un design.

Partons du commencement, et replongeons nous dans un peu de théorie. L’hypothèse Gaïa Enoncée par James Lovelock, en 1969, dans Gaia: A New Look at Life on Earth, et reprise plus tard par Lynn Margulis revient à dire que la biosphère et l’atmosphère sont en interaction forte, et que la terre est globalement en homéostasie. C’est une hypothèse forte, qui a donné lieu a un travail théorique et expérimental important.

La partie que je connais bien de ce travail, c’est l’hypothèse CLAW Charlson, Lovelock, Andreae & Warren(1987) Oceanic phytoplankton, atmospheric sulphur, cloud albedo and climate Nature 326, qui explique comment le phytoplancton peut, à travers la métabolisation et le relargage de composés sulfurés, réguler la couverture nuageuse locale, et la température de surface de l’océan.

Ce modèle est présenté dans l’illustration de gauche, partie “Hypothèse CLAW”. Il fonctionne de la manière suivante : quand le soleil réchauffe l’océan, les colonies de phytoplancton sont stimulées, et produisent des molécules La circulation de ces molécules dans le réseau trophique est connue, mais nécessiterait un billet à elle seule qui favorisent la formation des nuages. Ces nuages vont diminuer le rayonnement solaire incident, et donc abaisser la température de l’eau de surface dans la couche trophique. Cette diminution de température n’avantage pas le phytoplancton, qui va décroître. De fait, on a moins de composés formant les nuages qui sont émis, et le rayonnement incident augmente. L’eau de surface se réchauffe, et le cycle est reparti. Il existe un rétrocontrôle négatif, qui va stabiliser le système, et maintenir l’homéostasie.

C’est à ce moment là que Denyse O’Leary se pose des questions : Pourquoi les partisans […] de l’hypothèse Gaïa ne supportent-ils pas le ?

Il est vrai que quand on regarde ce système avec un oeil d’évolutionniste, on est choqué de voir que l’apparition de la métabolisation des composés sulfurés qui vont, au final, former les nuages, n’est pas évidente Simó, R (2001) Production of atmospehric sulfur by oceanic plankton : biogeochemical, ecological and evolutionary links. Trends Ecol Evol 16(6) — une bonne revue du problème. Dans l’orthodoxie Darwinienne la plus stricte, elle est même éminemment discutable. Nous avons des organismes qui, par leur métabolisme, vont apporter des bienfaits à une communauté. A moins d’accepter qu’il existe effectivement une sélection de groupe Et dans l’orthodoxie, qui se base sur la recherche du bénéfice individuel immédiat, ce n’est pas évident à accepter, il faut aller chercher des hypothèses pour expliquer le rétrocontrôle négatif.

Denyse O’Leary, vous vous en doutez, a une réponse toute prête :

surely the Gaians do not believe that this balancing act is all just some big accident. And if they do, they are undercutting their own positionProbablement que les Gaïans ne croient pas que cette balance est uniquement un accident. Et si ils le faisaient, ils sous-estimeraient leur propre position.

Le système est très bon, certes, et pour autant que je puisse en juger, il a étonné — outre moi — les deux miens enseignants auxquels je l’ai présenté (et qui, pourtant…). Mais il a une explication toute simple (au moins pour la facette “composés sulfurés”, mais après lecture, on trouve des explications aux autres aspects). Faire des nuages, c’est condenser de la masse d’eau, et la reprécipiter sous forme de pluie. Et dans les éléments dissous dans cette pluie, on trouve notamment du nitrogène, qui est un facteur limitant pour la croissance du bactériophytoplancton dans les couches océaniques supérieurs. La solution est simple : tu veux du nitrogène? Make it rain!

D’autre part, en augmentant la couverture nuageuse, vous créez une barrière contre les UV, qui ont tendance à être mutagènes (formation de dimères pyrimidiques dans l’ADN, fortement délétères).

Vous objecterez avec raison — et Denyse O’Leary aurait pu le faire si elle avait daigné se documenter un peu — que cette hypothèse d’acquisition de nutriments couplée à une protection contre les radiations est bien jolie, mais qu’elle reste difficile à gober à large échelle, pour deux raisons.

D’une part, la dépendance au nitrogène et la susceptibilité aux UV ne sont pas des constantes, et que toutes les souches ne sont pas égales. D’autre part, vous auriez le droit de lever votre grand panneau sur lequel est inscrit “Intérêt personnel immédiat?”.

Mais ne nous affolons pas, tout va s’expliquer en ajoutant des paramètres au modèle. Hamilton et Lenton Hamilton & Lenton (1998) Spora and Gaia : how microbes fly with their clouds Ethol Ecol Evol 10 ont remarqué que l’augmentation de la couverture nuageuse entraînait, outre — où alors en plus de, je ne suis pas climatologue — une modification du bilan radiatif, un changement dans les vents de surface. Ces vents vont aider le bactériophytoplancton à se disperser, et donc à se répandre dans de nouvelles niches. Ce qui, vous l’aurez compris, est une augmentation de sa fitnessEn gros, la capacité à produire des petits-enfants.

Et en plus, si on se disperse, on évite de se faire décimer par des virii, qui utilisent la technique du killing the winners, s’en prennant aux populations très denses Pernthaler J (2005) Predation on prokaryotes in the water column and its ecological implications Nature Reviews Microbiology 3 — par exemple, ou directement la figure 4 de ce papier.

On peut donc expliquer la mise en place de ce rétrocontrôle de manière graduelle (des souches qui commencent à modifier le climat à faible dose, sont sélectionnées, gagnent en importance, et ainsi de suite), sans recourir à l’explication d’un designer. Evidemment, ça demandait un peu de réflexion, et plus je lis O’Leary, plus je me dis qu’elle ne comprendra rien d’autres que les écritures…

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La biologie synthétique comme intelligent design?

Posté par Timothée le 8 April 2008 | , , ,

Chez Synthekidia, on s’interroge sur le futur de la , et on lui prédit un avenir en trois points : la création d’un génome from scratch, c’est-à-dire depuis rien, la programmation du génome, et enfin la création d’un “langage de programmation du génome”.

La conclusion du billet est laissée à , et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle me laisse songeur.

Le futur de la vie ne dépend pas seulement de notre capacité à comprendre et à utiliser l’ADN mais aussi de celle à créer une nouvelle forme de vie ; une vie forgée non pas par l’évolution Darwinienne mais conçue par l’intelligence humaine.

La biologie synthétiquelet’s go back to basics — consiste à organiser des éléments d’information (des gènes, leurs éléments de régulation, et leurs partenaires), pour créer des fonctions biologiques nouvelles. On ne considère plus la cellule et son patrimoine comme une entité vivante, mais comme une librairie de fonctions, qu’on peut réorganiser pour leur faire faire à peu près tout et n’importe quoi. On approche la comme un ingénieur, disait en substance Dvanw.

J’en reviens à la citation d’un des chercheurs les plus horripilants du domaine, Craig Venter. Il nous promet une vie qui n’est plus forgée par l’évolution Darwinienne, mais par l’intelligence humaine. Une évolution “non-Darwinienne”, en quelque sorte (et de ce point de vue, ce qui promet Venter, et que je m’apprête à vertement critiquer, est bien plus prometteur que la pathétique Introduction à une Biologie Non-Darwinienne de Jean Staune — sur laquelle je reviendrai un jour je l’espère).

Comme souvent quand Venter nous fait une sortie, il faut se demander si on est en train d’écouter le patron d’entreprise ou le scientifique. Peut-on former une nouvelle forme de vie? J’ai du mal à y croire. Dans le meilleur des cas, on va se contenter de démonter une ou plusieurs structures, pour en assembler une autre. Les briques fondamentales seront les mêmes que celles qui ont été lentement mises au point par la vie elle-même, au cours de l’évolution. On aura toujours du carbone et de l’eau, des bases qui s’apparient deux à deux, et des molécules dont le seul objectif est de se répliquer [1].

D’autre part, cette vie n’échappera pas à l’évolution Darwinienne, elle sera soumise aux même pressions, et sera sélectionnée — ou non — comme le premier colibacille venu. Bien qu’elle ne soit pas un produit de l’évolution classique, la vie synthétique y est soumise.

Peut-on, de même, dire que la représente le futur de la vie? J’ai du mal à avaler quelque chose d’aussi énorme. Certes, cette approche est promise à un futur assez brillant, puisqu’elle offre la possibilité de créer des outils vivants, pour répondre à des besoins spécifiques. Mais on ne vas pas réinventer la roue, et décider de tirer un trait sur l’ancienne vie, pour tout resynthètiser au labo. La nous promet une révolution conceptuelle majeure — comme Rostand l’avait dit, nous allons devenir des Dieux, capables de créer la vie — mais ne changera en rien la nature profonde de la vie. On ne pourra jamais faire que ce que la nature a déjà fait, à bien plus grande échelle.

J’en viens à mon opinion profonde sur la biologie synthètique : ce n’est jamais que l’aboutissement du génie . Plutôt que de modifier un gène ou une région du génome, on refait tout depuis le début. Si la perspective de créer de la vie en laboratoire est scientifiquement — et épistémologiquement — excitante, elle ne fait à mes yeux que poursuivre un effort déjà engagé.

C’est la que je reviens sur la deuxième partie de mon titre : La comme intelligent design. En prenant des morceaux de gènes, des éléments régulateurs, on ne fait jamais que ce que les tenants du proposent : la vie est tellement complexe qu’il faut bien qu’un grand horloger assemble toutes les pièces. Ca à de quoi séduire, imaginez vous; devenir Dieu. On comprend pourquoi Venter s’intéresse de près au domaine. J’ai dans l’esprit qu’il ne serait pas contre une église de Venterologie.

Je parlais d’excitation épistémologique quelques paragraphes auparavant. Prenez une longue inspiration, et lisez la phrase suivante : créer la Vie. C’est fait? Créer la Vie, c’est étudier ce que l’évolution a forgé, comprendre comment tout s’articule, et le refaire. On va pouvoir se lancer dans l’exploration de l’univers des possibles, et créer des éléphants photosynthétiques! Mais la question se pose : comment considérer ces nouvelles créations? Font-elle partie de l’arbre du vivant? Bien évidemment elles ont de l’ADN, un métabolisme, on peut aligner leurs séquences [2] avec celles d’autres organismes…

Mais elles sont à part, puisque crées intentionnellement par l’humain. Le créateur, en fait, celui qui a décidé comment cette espèce vivrait. Finalement, on ne va pas influence sur le futur de la vie. On va tout simplement créer un nouvel embranchement, un nouvel ordre, avec des espèces qui, bien qu’ayant tout du vivant, ne seront jamais que des artefacts : des productions de l’homme, créées à dessein. Une vie en parallèle à l’évolution.

Note: De retour bientôt avec des billets un peu moins concept, et un peu plus factuels, si mon emploi du temps m’y autorise…

Notes

  1. Parce qu’au risque de vous décevoir, la vie, ce n’est jamais que de l’ADN qui se réplique, nous disait François Renaud []
  2. mesurer la proximité de leurs gènes []

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Darwin n’expliquerait pas l’origine des espèces?

Posté par Timothée le 3 March 2008 | , , ,

Denyse O’Leary n’est pas une franche partisane de l’évolution, de Darwin, où même de la science. Pour autant que j’en ai parlé avec elle, à part une interprétation radicale de la bible, elle ne croit pas à grand chose. Et c’est probablement le seul livre qu’elle aie jamais lu concernant l’évolution, si j’en crois son dernier billet (repris à Overwhelming evidence).

Mes commentaires ici même.

Darwin’s theory of natural selection requires offspring to diverge from a common ancestor to create new species. It requires genetic differences to increase as descendants adapt to their environmental niches.

C’est vrai, pour créer des espèces, il faut que la descendance diverge à partir d’un ancêtre commun, et que les différences génétiques s’accumulent au cours du temps (disons, jusqu’au moment ou les deux population sont incapable de se reproduire pour donner une descendance fertile, comme le requiert le biological species concept).

Toutes ces différences n’ont pas nécessairement une valeur adaptative, par ailleurs, mais passons sur ce détail.

It is this ‘natural selection’ and ‘adaptation’ that creates species. And, as the newly created species continue to adapt, they should become more different over time. Following this line of thought, hybrids should be less viable than their parents.

C’est faux, les deux espèces ne sont pas nécessairement de plus en plus différentes. Ca dépend de leur environnement, de leur mode de vie. On a un exemple avec des populations de poissons qui se reproduisent à deux périodes différentes de l’année : elles sont génétiquement très proches, mais leur mode de vie les empêche de se reproduire.

Passons au délicat sujet des hybrides. Ils devraient être moins adaptés. Pourquoi pas. L’hybridation est une source d’innovation, il me semble, mais je peux me tromper. En revanche, on sait que quelques hybrides sont plus forts que les parents (l’heterosis chez les plantes en est un bon exemple). Et dans la plus pure tradition du , O’Leary se focalise sur ces cas particuliers.

C’est donc sur cette base que Denyse O’Leary se lance dans une nouvelle attaque de la théorie de Darwin.

Ce qui me rassure, c’est que même des membres du site Overwhelming evidence l’accusent de mauvaise foi

Your description is not strictly true as they hybrid offspring of two different parents are not always stronger — they are sometimes substantially weaker (less well adapted for the environment), and occasionally infertile.

[…]

I’d advise my fellow ID proponents to dis-regard the claims in this article. Denyse, I’d advise you to spend more time familiarizing yourself with basic genetics — this kind of article can only harm the reputation of ID.

Un point pour lui…

L’éducation aux dangers du passera par la reconnaissance de ce comportement: sous leurs apparences “scientifiques”, les partisans du DI sont des crackpots.

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Les créationistes sont-ils dangereux?

Posté par Timothée le 24 February 2008 | , , , ,

J’avais l’autre jour une discussion assez intéressante sur les dangers du créationisme, suite au lancement d’un journal destiné à promouvoir ces thèses, et j’en suis arrivé à me poser une question toute simple : sont-ils dangereux? L’existence de leur courant de pensée représente t-elle un risque pour la science, et surtout son enseignement?

J’entend par “créationiste” tout personne approuvant (même tacitement) Genèse 1 : Le premier jour, dieu créa le ciel et la terre et ce qui s’ensuit. Je ne fais pas de différence entre modérés et young earth creationists (qui pensent que la terre a 4000 ans). Par la même occasion, même si c’est vrai pour la plupart d’entre eux, je ne considère pas que les religieux et croyants (principalement catholiques) soient des créationistes. Pour faire simple, le créationiste dont je parle, c’est celui qui croit que dieu est à l’origine de tout, et qui sur cette base attaque la théorie de l’évolution.

Ceux-là, donc, sont probablement psychologiquement diminués, mais en sont-ils pour autant dangereux? J’ai du mal à dire que oui, pour plusieurs raisons.

D’une part, ils ont une motivation essentiellement religieuse, ancrée dans un tissu dogmatique plus vaste. Ils sont donc moins susceptibles de toucher un public large (un public ouvert à leurs idées). Ils peuvent, dans une certaine mesure, conduire ceux de leur secte à rejeter aussi la théorie de l’évolution, mais je doute de leur impact réel (à moins que les dirigeants ou enseignants ne partagent leurs croyances, mais j’y reviens).

Second point, scientifiquement parlant, ils ne valent rien. Parce que leur argumentaire repose sur de la croyance (et c’est plus un credo qu’un argumentaire) et non des faits, mais aussi parce qu’ils attaquent des faits scientifiques sans aucun matériel contradictoire solide (le répugnant Atlas de la création de Harun Yahya est particulièrement relevant de cette tendance).

Faut-il pour autant les laisser dire? Je ne pense pas. Je considère que le créationisme est un sous-ensemble de la , vers laquelle il tend a se diffuser. Dans des pays ayant une culture religieuse forte (la France tombe dans ce cas — pour combien de temps encore l’état sera t-il séparé de l’église?), la niche écologique des créationistes est déjà faite.

Il y a donc un risque que la doctrine créationiste s’impose, non pas parce qu’il aura été prouvé qu’elle est scientifiquement valide (parce qu’entendons nous sur ce point, ça n’arrivera jamais), mais parce qu’elle sera devenue l’intime conviction de chacun. Enseignants, dirigeants, et autres.

Vous me ferez remarquer qu’il y a peu de chances qu’une doctrine aussi radicale et moyen-âgeuse que le créationisme s’impose de cette manière. J’accepte l’objection, mais laissez moi finir. Il faut considérer la possibilité de voir des religieux intégristes (tout au moins très proches des textes) occupe des poste-clés, enseigner, etc. Hors ce cas particulier, il faut s’intéresser à toutes les formes de soft-creationism, qui forment pratiquement un continuum entre créationisme pur et dur et… sciences de l’évolution!

C’est à mon avis les partisans de ces causes qui représentent le plus grand danger à l’heure actuelle: ceux qui croient en un “sens de l’évolution”, qui soutiennent la théorie du , les néo-Teilhardiens, et autres.

Pourquoi, alors que leurs thèses sont assez proches de celles défendues par les créationistes (existence d’un designer, par exemple), ont-ils plus de chances de connaître le succès?

La première raison est assez évidente. Bien que ceux qui les soutiennent soient souvent des religieux fondamentalistes, les partisans de ces théories ont une approche moins religieuse. Mystique, spiritualiste, certes, mais pas nécessairement religieuse.

Deuxième point, plus on s’enfonce dans la en s’éloignant du créationisme, plus on rencontre d’arguments “solides”. Autrement dit, d’arguments qui demandent une analyse pour être réfutés. Ou pire (et plus courant encore), des arguments qui interprétés correctement prouveraient la justesse de la théorie de l’évolution (ou plus précisément le fait que leur utilisation pour la réfuter est inapproprié), mais présentés de manière à faire passer la théorie de l’évolution comme une gigantesque mascarade (les séides du Discovery Institute sont très doués à ce petit jeu).

Comment éviter la progression de ces idées?

La première solution va encore faire dire à certains que je suis un vilain athée anti-religieux de base (ce qui n’est, à tout prendre, pas loin de la vérité). S’il est impensable qu’une personne ne croyant pas en dieu devienne un jour prêtre, peut-on concevoir qu’une personne qui soutienne l’idée d’un dieu créateur puisse enseigner les sciences de la vie? Vous voyez, vous hurlez à la discrimination. Ce n’est pas la solution que je recommande (c’est même la pire).

La solution qui me semble idéale, c’est la sensibilisation. L’enseignement. Que les scientifiques se mobilisent pour faire comprendre à la société que les théories pseudo-scientifiques qu’on propose, c’est bullshit. Plutôt que d’interdire l’enseignement des thèses créationistes et néo-dessein inteligent dans les écoles, pourquoi ne pas consacrer du temps à montrer en quoi elles sont fallacieuses et ne tiennent pas debout?

Si je me souviens bien de mes années lycée, la terminale S a une séquence qui me semble adaptée à ce type de réflexions…

Nota: Ecrit entre deux trains, en retournant au labo, d’où le manque de liens. L’auteur de ces lignes renouvelle son soutien aux partisans de la théorie du Flying Spaghetti Monster. Don’t give up.

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Denyse O’Leary n’a encore rien compris

Posté par Timothée le 8 November 2007 | , ,

Dans son dernier post, Denyse O’Leary s’abandonne à une technique particulièrement odieuse pour soutenir les vues de sa secte de fanatiques débiles anti-évolution: la récupération d’une tragédie pour prouver la justesse de leur idéologie. J’avoue avoir assez peu d’estime pour elle, comme pour les autres sycophantes du Discovery Institute, mais je ne pensais pas qu’ils finiraient par tomber encore plus bas.

Un étudiant finlandais à tué huit de ses camarades, parce qu’il a été motivé par le “Darwinisme social”. Si l’on en croit l’étudiant en question, d’après un texte qu’il a laissé, il est a cynical existentialist, anti-human humanist, anti-social social-Darwinist, realistic idealist and god-like atheist. La suite est du même tonneau: c’est un agent de la sélection naturelle, chargé d’éliminer ceux qui ne sont pas adaptés. Et ceci, chers lecteurs, est l’argument type contre la théorie de Darwin.

Ca a autant de valeur argumentaire que si je tentais de réfuter le en parlant de Tomas de Torquemada.

Deux choses doivent d’être mentionnées, ce que Denyse O’Leary s’est abstenu de faire — soit parce qu’elle est incroyablement stupide, ou malhonnête, ou alors un peu des deux. D’une part, Darwinisme et Darwinisme social sont deux notions tout à fait distinctes. L’une (le Darwinisme social) a été “inventé” après la théorie de Darwin, pour plaire à la société victorienne de l’époque. L’utilisation que Malthus a fait de ce courant de pensée est célèbre.

Deuxièmement, il semble acquis (je ne suis pas psychologue, mais malgré tout) que l’étudiant en question soit psychologiquement instable. Alors, qu’est-ce qui est la cause du massacre? Le fait qu’il ai lu la théorie de Darwin (et mal, puisqu’il est impossible de trouver une éloge de la sélection sociale dans L’Origine des Espèces), ou sa folie?

Allez, je vous ferais grâce d’une estimation du nombre de morts provoqués par les illuminés dont O’Leary fait partie. De toute façon, ils sont fous à lier.

Ca me fatigue…

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