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Les parasites sont nos amis.

Tu ne contrediras point (sous peine de représailles)

Avec 6 commentaires (lu 153 fois)

Je vais vous raconter une histoire. L’histoire d’un étudiant que je connais, de près ou de loin peu importe (toute ressemblance avec une situation existante serait fortuite, etc), qui vient de finir son M2 (et qui ne fais pas de thèse ensuite, enfin peu importe). Et qui comme beaucoup d’autres étudiants, a décidé de passer encore un peu de temps dans son labo, parce qu’il a des petites manips à finir, et des papiers à rédiger.

Comme c’est un étudiant, il est obligé de demander une autorisation de stage à son UFR, sous la forme d’un avenant à l’ancienne convention de stage (une pure formalité, le document doit être signé par un responsable du labo et une personne de l’UFR).

Le problème de cet étudiant, c’est qu’il a tendance à être très honnête, très franc, très direct, et à l’ouvrir quand ça ne va pas. Et surtout, à ne pas s’écraser face au l’argument d’autorité. Et pour ne rien arranger, il est en conflit plus ou moins déclaré avec son directeur de master.

Et ce matin, il apprend (et j’ai été tenu au courant de la bonne nouvelle) que son directeur de master, ayant été tenu au courant de la prolongation de son stage, s’en est trouvé très indisposé. Et qu’il l’a aussitôt fait savoir à l’UFR, en leur demandant par courrier d’annuler la convention de stage. Avec toutes les conséquences que ça implique : impossible de retourner au labo, donc de finir les manips, donc de rédiger les papiers, etc.

Je serai curieux de savoir quels argument sont invoqués pour faire annuler l’avenant (autre que “Il ne s’est pas laissé faire quand ça a été n’importe quoi, et il n’a pas trouvé ça normal quand j’ai refusé d’écouter ce que mes étudiants avaient à me dire”). J’ai bon espoir que son très estimé directeur de master se fasse renvoyer dans ses grandes longueurs par l’administration (ou le directeur du labo), mais la démarche en elle même m’a quand même collé la gerbe pour une bonne partie de la matinée.

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Je relisais les commentaires suite à la démission de Xavier Dunezat, sur le blog de Baptiste Coulmont, et notamment ceux qui parlent du traitement que certains directeurs de filière réservent aux étudiants. On est en plein dans le même délire. Un petit chef qui tente de régler ses conflits personnels avec un étudiant un peu vindicatif (et qui en plus décide de ne pas faire de thèse, alors autant le finir sur une humiliation) en utilisant son poids administratif. J’applaudis des deux mains l’honnêteté de la démarche. N’ayant pas eu le courrier sous les yeux, je ne sais pas sur quels motifs la demande d’annulation de la convention de stage se base (ce à quoi je vais tenter de remédier, juste par curiosité), et n’en dirais donc pas plus.

Toujours est-il que ce soir, je me sens coupable de savoir que je peux travailler dans les mêmes murs que ce genre de personnes…

Ecrit par Timothée

17 juil 08 à 11:37

6 réponses à la note 'Tu ne contrediras point (sous peine de représailles)'

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  1. C’est une situation très désagréable pour l’étudiant concerné, déception et frustration, mais cela ne changera rien fondamentalement ni à sa vie, ni à son avenir. C’est un peu comme une séparation brutale.
    Dans un monde parallèle, le labo, ses cahiers de manips et autres documents auraient pu finir dans un incendie ou un tremblement de terre…

    Quant à se “sentir coupable”… qu’en serait-il d’habiter dans le même immeuble qu’un serial killer?

    aA

    18 juil 08 à 10:54

  2. […] mais cela ne changera rien fondamentalement ni à sa vie, ni à son avenir. C’est un peu comme une séparation brutale.

    En quoi est-ce une justification, ou même une raison pour tolérer ce genre de pratiques? D’après ce qu’on m’a expliqué, ça ressemble a une revanche.

    Quant aux conséquences, on peut difficilement les prévoir, il me semble. Enfoncer un étudiant au lieu de l’aider, ça donne une super image du milieu…

    […] se “sentir coupable” […]

    Moi et mes idéaux…

    Timothée

    18 juil 08 à 11:24

  3. Oserais-je dire que la cause profonde est que le directeur de master se comporte suivant ses humeurs plutôt que suivant ce qui sera le plus efficace pour son master.
    Et que s’il peut se permettre de faire cela, c’est que ce qu’il fait est peu évalué ce qui le rend libre de faire n’importe quoi …
    “La liberté pédagogique est une vieille rengaine du personnel enseignant afin de protéger l’indépendancegnagnagna…et surtout le privilège de rendre le moins de comptes possible.” (Xavier Dunezat)

    jmdesp

    18 juil 08 à 2:29

  4. C’est - hélas - assez courant dans différents Masters, où certains responsables jouent aux chefs de gangs ! Mais ce n’est pas totalement désespéré, surtout si l’étudiant se manifeste auprès de différents supérieurs hiérarchiques de ce responsable. Déjà vu ce genre de cas se régler en “gueulant un peu partout” :D

    Guillaume

    19 juil 08 à 5:34

  5. Hello,

    Mon année de Master recherche a été ponctuée de petits désagréments. J’ai eu le malheur de découvrir un certain aspect des labos (guerres intestines pour l’accès à une micro réputation), de certains “futurs chercheurs” (lécheurs de pompes, futurs abrutis sous-imaginatifs et mauvais scientifiquement) et des professeurs (HDR, prof, Mcf qui parfois oublient que nous sommes humains…). Pourtant, j’étais absolument ravi, au départ, de continuer en thèse puis de faire chercheur. Je me sentais épanoui en pensant à cette idée.

    Mais, après avoir parlé, sans crier, de ma réprobation du système de sélection (fautes légales, corrections étonnantes, parfois même non anonymat…), des systèmes de cours (parfaitement dégueulasses puisqu’on subit, nous étudiants, les querelles de chapelle et que cela se répercute sur notre niveau) et d’attribution de bourse (où l’on voit des choses incroyables se produire par moment) ; j’ai décidé de ne pas faire de thèse et d’arrêter la recherche.

    Quelques amis s’y sont fait. Quelques autres ont connus même pire que moi… N’ayant trouver où me caser, je continuerai la recherche en amateur, avec mes relations.
    Mais en tout cas, c’est bien ce système (quelques rouages du moins) qui m’a dégoûté à vie ; car c’est trop loin de ce que la recherche devrait être.

    Amicalement,
    Nox

    Nox

    20 juil 08 à 1:56

  6. de certains “futurs chercheurs” (lécheurs de pompes, futurs abrutis sous-imaginatifs et mauvais scientifiquement)

    Ha ça ! Je vois très bien de quel genre de personnes tu veux parler …

    Guillaume

    24 juil 08 à 8:41

  7. J’ai vécu ça ya longtemps. Rien ne change. Aujourd’hui les étudiants Master 2, doctorants, et même parfois post-doctorants sont considérés, pas en tant que chercheurs en apprentissage, mais en tant que stagiaires non rémunérés (c’est ce qui change d’hier). Leur jolie thèse dépend de leur travail, mais leur réputation dépend, et dépendra toujours à chaque étape de la réputation que leur collent directeurs de recherche et de thèse, etc. Les côteries continuent. Inutile de dire qu’à partir de ce moment, là, il est facile pour beaucoup de gens de se faufiler (Jean Staune). Chercheurs, étonnez vous de la désaffection pour la recherche …

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