Trouvez l’auteur : innovation scientifique et exposition au blâme

Posté par Timothée le 4 May 2008 dans , , , Pas de commentaires

Trouvé par hasard alors que je traversai la moitié de la côté méditerranéenne pour aller rejoindre ma petite famille non loin de Marseille (on notera au passage l’usage quasi monomaniaque de la virgule)…

La science, qui ne fait que commencer, et qui n’a donc encore poussé les choses ni jusqu’à l’exhaustivité du détail ni jusqu’à la perfection de la forme, est dans une situation qui l’expose au blâme. Toutefois, si ce blâme était censé toucher son essence, il serait tout aussi injuste, qu’il est malvenu, par ailleurs, de refuser de reconnaître l’existence de ce développement. Cette opposition semble être le principal des noeuds sur lesquels la culture scientifique actuelle s’échine sans parvenir encore au degré de compréhension qu’il faudrait.

Autrement dit, quand une nouvelle niche scientifique se crée, elle se crée avec des outils imparfaits, des concepts nécessairement à affiner, des méthodes qui demande plus de raffinement. Débroussailler un terrain de la science qui a été laissé en friche, ça se fait les mains dans le cambouis, avec les moyens dont on dispose, les indicateurs qu’on pense être les bons, et ce n’est souvent pas de la science très présentable — au sens méthodologique, tout au moins.

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Le phénomène de peer-review actuel, qui a remplacé la présentation des travaux devant les académies et sociétés qui assumait — sauf erreur de ma part — le même rôle à l’époque de l’auteur de cet extrait, se pose justement comme garant d’une science académique, dans les normes (d’une science normale). En permettant de publier les résultats conventionnels, obtenus avec les méthodes conventionnelles , mais en étant souvent un obstacle à la publication de choses nouvelles — prenons pour exemple la Red Queen Hypothesis proposée par Leigh Van Valen, qui est à ce jour l’article le plus cité en biologie évolutive, et probablement un des papiers les plus cités tout court, qui n’a jamais passé la barrière de la revue, et a fini publiée dans un journal (Evol Theor) créé pour l’occasion — ne fait parfois que blâmer une science qui commence.

La recherche de modèles alternatifs à la revue par les pairs — le minimum que l’on puisse faire pour le moment est sans doute de généraliser la revue non anonyme — doit notamment avoir comme objectif une plus grande clémence vis-à-vis de sciences en émergences. Non pas en permettant à chacun de publier ses délires métaphysiques sur le sens de l’évolution ou la création, mais en exposant au plus de regards possible des idées nouvelles, qui ouvrent des perspectives nouvelles, et en minimisant le temps nécessaire pour déclencher un débat autour de ces idées. Leur perfectionnement sera alors possible, dans la mesure ou l’ensemble de la communauté scientifique pourra y contribuer.

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