Hackademics : Les bons rejets font les bons papiers?

Posté par Timothée le 10 Apr 2008 dans , , 3 commentaires

Pas plus tard qu’hier, un collègue nous racontait les mésaventures de son super papier — un truc un peu inhabituel —, qui avait été soumis à Nature, puis Science, puis dans les PNAS, puis [etc etc] jusqu’à finalement arriver dans des revues de facteur d’impact plus raisonnable. Et encore le rejet. Maintenant, il commence à resoumettre dans des revues avec des facteurs d’impact plus élevés. Une courbe en cloche inversée, en quelque sorte. Et qui sait, il pourrait bien, comme le disait Mathieu, finir dans Nature.

Ce qui est intéressant dans cette histoire, c’est surtout de voir la pile de revues — les commentaires d’autres scientifiques — accumulée au cours de la rédaction de ce papier. Ou l’on se dit qu’un papier, c’est comme une bonne bouteille, ça devient meilleur avec le temps.

A chaque passage entre les mains de ses pairs, le papier a reçu des critiques, des conseils, on a insisté sur les points positifs. Et finalement, tout ça a été pris en compte dans les révisions successives.

La review, dans cette optique, ce n’est en fait rien de plus que la coopération entre chercheurs à son stade le plus avancé. Et c’est plutôt une bonne chose.

Seulement, il est possible de détourner le système. Imaginons un papier écrit un peu vite. Envoyons le à une revue “bien, mais pas top”, pour commencer. Trois semaines plus tard, on se fait jeter, avec quelques commentaires. On reprend le travail, on prend en compte ce qui a été dit, et on remonte un peu en facteur d’impact. Deuxième soumission, deuxième échec, et deuxième vague de commentaires.

Et après trois ou quatre rounds de review, on se retrouve avec un papier qui tient la route, qu’on peut envoyer dans une bonne revue. Félicitations, vous avez détourné le système!

Note : Petit billet en attendant que le thermocycleur se libère… Mais qui attend quelques réactions!

Timothée is
| All posts by Timothée

3 commentaires

» Flux RSS des commentaires
  1. Bon, j’ai un billet dansles tuyaux sur les rejets d’articles… merci de ne pas trop empiéter !! ;-)

    Cela dit, je ne crois pas qu’on puisse parler uniquement en termes quantitatifs. Un papier dans “Nature” n’est pas mieux (ou moins bien) qu’un papier dans “TREE”, il est souvent différent : il faut raconter une histoire marquante, pas seulement un résultat scientifique, sous une forme très courte et en reléguant la méthode expérimentale en annexe. Il faut aussi être dans l’air du temps. Tous les papiers n’ont pas vocations à être publiés dans “Nature” (ce qui me fait penser que, tiens, j’ai aussi un billet sur l’importance de la diversité en science dans les tuyaux !).

  2. Tout à fait d’accord avec toi, un papier dans Nature doit être à la mode, court, etc etc. Je m’éclate en général plus en lisant TREE — très bon exemple.

    J’arrête d’empiéter et j’attend avec impatience tes billets sur le sujet…

  3. Mon chef dit souvent que les papiers dans Nature ont un caractère préhistorique : tout est dans l’art pictural.

Commenter


Sitemap