Comment un moyen de communication scientifique aussi puissant et prometteur que le web finit-il par devenir préjudiciable aux professionnels qui font l’effort de l’investir ? Quelles sont les limites de la communication scientifique sur le web, et dans quelle mesure ses acteurs peuvent-ils contrôler ses dérives ? Comment l’idéal de liberté du scientifique peut-il s’acoquiner avec un medium aussi retors ? L’actualité récente fournit quelques réponses à ces questions brûlantes, qui ne nous incitent pas à être optimistes.
Billet écrit à quatre mains : les miennes, mais avant tout celles de Tom
Merci à Enro pour avoir joué le rôle du referee
Ainsi, le site web de Vincent Fleury a été récemment fermé par son institution, suscitant l’incompréhension chez de nombreux internautes, dont les auteurs de ce billet. Pourtant, Vincent Fleury a tout pour plaire : physicien médiatique, il n’hésite pas à se lancer dans des travaux de vulgarisation, ayant publié plusieurs livres à destination du grand public. Seulement, son dernier livre, De l’oeuf à l’éternité, dérange. Rappelons en quelques mots les faits ; De l’oeuf à l’éternité propose une théorie nouvelle et audacieuse de la gastrulation chez les tétrapodes (on pourra remarquer que la cote Dewey de ce livre dans de nombreuses bibliothèques universitaires est 575 : Evolution). Pour Vincent Fleury, la formation des membres des vertébrés est un processus purement physique, basé sur une brisure de symétrie simple, aboutissant notamment à la formation de quatre tourbillons, chacun correspondant à un des membres (voir sur tomroud.com pour un résumé plus complet de la théorie). Vincent Fleury en tire une conclusion sur « le sens de l’évolution» (sous-titre de son livre) : pour ainsi dire, l’évolution du plan d’organisation du corps des tétrapodes est prédictible, dans la mesure où elle repose sur un seul paramètre, l’enroulement plus ou moins important du flot de cellules dans l’embryon. Un « sens» de l’évolution qui en gêne plus d’un…
Beaucoup de reproches ont été faits à Vincent Fleury. Le premier reproche, c'est d'avoir publié sa théorie dans un livre destiné au grand public. En effet, la pratique en science veut que tous travaux scientifiques soient d'abord et avant tout publiés dans des revues à comité de lecture, afin d'être évalués par des pairs des scientifiques. Objection! L'usage dans les sciences dures est maintenant de publier d'abord — et parfois uniquement — hors du circuit des revues, en passant par exemple par... internet et le système <a href="http://fr.arxiv.org/" id="lmtr" title="arXiv">arXiv</a>. Objectons également que la revue par les pairs n'a pas que des aspects positifs. Certes, elle permet de séparer le bon grain de l'ivraie mais elle peut aussi bloquer la publication de certaines théories "trop audacieuses". L'un des exemples les plus frappants est sans doute celui de <a href="http://pondside.uchicago.edu/ceb/faculty/vanvalen.html" id="qw1t" target="_blank" title="Leigh Van Valen">Leigh Van Valen</a>. Ce paléontologue a eu, en 1973, une intuition géniale sur la coévolution des organismes, qu'il a formalisée sous le nom de "<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9orie_de_la_reine_rouge" id="lyue" title="théorie de la Reine Rouge">théorie de la Reine Rouge</a>". Son article (<i>A new evolutionary law</i>) a été refusé à l'issue de la revue par les pairs. Van Valen, confiant dans sa théorie, a réagi en créant la revue <i>Evolutionary Theory</i>, dans laquelle il a publié son papier. C'est à l'heure actuelle l'un des articles les plus cités en biologie évolutive.
Le deuxième reproche qu'on fait à Fleury, c'est de négliger certains aspects de la biologie. C'est vrai que parfois, on a le sentiment qu'un peu plus de <em>feedback</em> biologique serait nécessaire ; qu'il faudrait être moins affirmatif sur l'inutilité des gènes (ou tout simplement prendre en compte et expliquer les expériences de manipulation du développement effectuées uniquement à l'aide de manipulations génétiques) ou sur le darwinisme. Néanmoins, on peut rétorquer également que les biologistes ont parfois tout aussi tendance... à négliger la physique. Car le phénomène de tourbillon décrit par Fleury est une conséquence directe de lois d'écoulement.
Il manquerait alors davantage à Fleury un aspect synthétique. Aspect qui n'émergera probablement que d'un dialogue entre les disciplines concernées : la biologie du développement et la physique. Ce dialogue demande évidemment d'abandonner une partie de ses convictions : le tout génétique pour les uns, le tout physique pour l'autre. Si ce dialogue se fait en bonne intelligence, et nous faisons toute confiance aux intéressés sur ce point, il n'est pas impossible de voir émerger un nouveau modèle pour le développement. Au grand dam des étudiants en biologie, forcés alors de se remettre à la physique.
Le troisième reproche fait à Fleury concerne son interprétation de l'évolution, et ses critiques de la théorie du darwinisime. Le milieu de la biologie est naturellement très méfiant vis-à-vis des critiques du "darwinisme". Certes cette théorie date de 1859 (pour sa première version). Mais elle est à l'origine d'un pan entier des sciences du vivant. Qui plus est, la théorie de Darwin ne se limite pas à <i>L'origine des espèces</i>. La théorie de la sélection sexuelle, exposée dans <a href="http://www.amazon.fr/Filiation-lhomme-sélection-liée-sexe/dp/2913165028/ref=sr_1_1/403-6716717-0350855?ie=UTF8&s=books&qid=1193395393&sr=8-1" id="y45h" target="_blank" title="La filiation de l'homme"><i>La filiation de l'homme</i></a>, peut être qualifiée de "très en avance sur son temps", puisqu'elle est toujours en vigueur aujourd'hui. Les discussions existant autour des différentes théories expliquant l'évolution n'indiquent qu'une chose : ces théories sont fondées, et on cherche à les rendre encore plus explicatives.
Au final, quelles sont donc les causes de la fermeture du site de Vincent Fleury, un site semblable à tant d'autres sites de chercheurs à travers le monde ? Cela demeure une vraie question. Sa théorie dérange? Certains biologistes et évolutionnistes n'ont pas l'air de le prendre très au sérieux ; du côté des physiciens, on comprend le modèle physique, mais on ne connaît/comprend pas forcément la biologie. La défense de l'image d'une institution (l'université de Rennes, dans ce cas) ? Possible. L'opération de lobbying anti-Fleury menée, sous prétexte de discussion, par Antoine Vekris (de l'université de Bordeaux) a probablement joué. Moyennant <a href="http://iorsd.wordpress.com/category/vincent-fleury/" id="s7cj" target="_blank" title="quelques">quelques</a> <a href="http://dloale.wordpress.com/" id="yml_" target="_blank" title="blogs">blogs</a> virulents et des courriels envoyés à la hiérarchie de Vincent Fleury, il a réussi à faire suffisamment peur pour que la décision de censure soit prise sans autre forme de procès : <b>le web est un espace où il est possible de faire beaucoup de bruit avec peu de moyens. Au détriment du bon sens, ou plus simplement de la réserve qu'il faut savoir maintenir dans un débat.</b>
On peut établir un parallèle avec le cas de Michael Behe, et en tirer des informations sur la manière de réagir aux propos d'un membre de son institution. Michael Behe est un professeur de biochimie à l'Université de Lehigh (Etats-Unis). C'est aussi, à travers ses livres et ses colloques, un des partisans les plus actifs du Dessein Intelligent, ce créationnisme revisité (il est notamment proche de William Dembski et du <a href="http://www.discovery.org/" id="exp3" target="_blank" title="Discovery Institute">Discovery Institute</a>). On lui doit la théorie de la "complexité irréductible", probablement une des plus tenaces au sein de la mouvance du Dessein Intelligent.
Pour une université, avoir dans ses rangs un partisan d'une théorie qui, <a href="http://www.enroweb.com/blogsciences/index.php?2007/05/08/159-le-dessein-intelligent-enfin-scientifique" id="iwyc" target="_blank" title="sous ses airs scientifiques">sous ses airs scientifiques</a>, n'a rien en commun avec la science, peut se révéler assez embarrassant. Il était donc logique d'assister a une réponse de la part de cette université. Et plutôt que de censurer Michael Behe, nos collègues outre-atlantique ont agi avec une rare intelligence : ils ont écrit <a href="http://www.lehigh.edu/%7einbios/news/evolution.htm" id="h9xb" target="_blank" title="un communiqué">un communiqué</a> expliquant les vues du <i>Department of Biological Sciences</i> sur la théorie de Behe. Et quand un communiqué de ce type commence par l'assurance du "soutien sans faille à la liberté académique et à la libre circulation des idées", on sait que ça va taper très fort.
Le département de Michael Behe, plutôt que de chercher à "cacher" ses idées, les met en avant, en expliquant qu'elles sont une insulte à la méthode scientifique, et ne méritent pas qu'on s'y arrête. Au lieu d'en faire un martyr, ils en font un original qu'il est préférable d'ignorer.
Mais le parallèle avec Vincent Fleury trouve ici ses limites. Les bases de la théorie physique de Fleury sont réelles. L'interprétation qu'il en tire fait peut-être dresser les cheveux sur la tête des évolutionnistes, mais contrairement au Dessein Intelligent, elle mérite discussion, et discussion au delà des clivages entre disciplines. Face au bruit provoqué par certaines personnes, sa hiérarchie a jugé préférable de le condamner au silence. <b>On peut y voir le fait que nous sommes, en France, moins bien adaptés à la nouvelle place du web dans notre vie scientifique. La liberté qu'il apporte peut gêner en haut-lieu.</b>
Toute cette histoire reflète donc, selon nous, les problèmes de parler de science sur internet, quand on est soi-même scientifique professionnel. Il y a malheureusement beaucoup de dangers, fondamentalement intrinsèques au web, où les discussions peuvent se poursuivre sans limites de temps, où l'on a vite fait de s'écharper sur des babioles, où l'on déteste ne pas avoir le dernier mot car on sait que les discussion qui devraient être purement orales resteront figées pour l'éternité dans le cache de Google, voire où l'on fait preuve de mauvaise foi et d'hypocrisie. Dans le processus scientifique classique, il se passe suffisamment de temps pour que tous ces effets soient un peu lissés ; à l'ère d'internet, medium instantané, il n'en est rien.
<b>Quelle solution adopter ?</b> On peut penser, comme <a href="http://www.rue89.com/2007/10/22/pour-finkielkraut-il-faut-supprimer-le-net-dans-les-ecoles" id="gjs9" title="certains philosophes français">certains philosophes français</a>, qu'internet est irrécupérable au point d'en interdire l'usage à l'école. On peut, comme certains blogueurs du <a href="http://www.cafe-sciences.org" id="m684" target="_blank" title="C@fé">C@fé des sciences</a>, privilégier l'anonymat pour retrouver une certaine liberté de parole et s'affranchir de son statut de chercheur dans la vraie vie. Heureusement, il reste aussi des <a href="http://www.infobourg.com/sections/actualite/actualite.php?id=12223" id="eaue" title="enseignants">enseignants</a> et des <a href="http://scienceblogs.com/clock/" id="hu.g" target="_blank" title="éditeurs de revues">éditeurs de revues</a> fondamentalement confiants en internet et en particulier en les blogs scientifiques, y voyant au contraire, une chance pour l'éducation et la science elle-même : puissent-ils avoir raison.<br/>












Cette histoire nécessite des explications. J’ai du mal à croire qu’un blog non subversif soit fermé à cause de l’institution, alors que les scientifiques qui racontent n’importe quoi à la télévision sont légion. Il y a probablement d’autres raisons à la fermeture du blog, du genre « plutôt que de vous occuper de votre blog, vous feriez mieux de publier dans des revues « sérieuses» ".
chercheur > Ce n’est pas un blog qui a été fermé mais la page institutionnelle d’un chercheur, comme il en existe tant sur la toile. Son tort étant d’avoir été victime d’une chasse aux sorcières, sa hiérarchie n’a pas su réagir autrement que par la censure : privé de page internet !
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/sites/entrez + Vincent Fleury
Par ailleurs, ajoutons les nombreux livres de vulgarisations, qui font partie aussi de la mission des scientifiques selon moi….
Salut, Oldcola aka Antoine Vekris.
Quelques précisions rapidement :
a) ma critique du travail de Fleury est à titre personnel, comme les disclaimer des e-mails que j’ai échangé le précisent. Donc, l’université de Bordeaux n’a rien à voir là dedans.
b) depuis janvier 2007 j’ai proposé à Fleury de publier sa théorie et récemment je lui ai indiqué les serveurs de pré-publication. J’attends toujours.
c) Plusieurs éléments de vérification de son papier publié en 2005 manquent cruellement. Je l’ai ai demandé et il ne peut les fournir.
d) il utilise le papier où un modèle constitué d’hypothèses est publier pour soutenir une théorie. Longtemps il a fait comme si j’étais le seul à penser qu’il s’agissait d’hypothèse; ce n’est que récemment que j’ai pu établir que c’est également l’opinion de l’éditeur en chef de la revue qui a accepté le papier.
e) à mon avis, de Modeste Biologiste™, la connexion avec la réalité biologique est plutôt légère et plusieurs points devraient être vérifiés avant même de parler de modèle, hypothèse étant suffisant.
Finalement, je tenais à préciser que j’ai explicitement demandé à sa supérieure hiérarchique de ne pas fermer le site, non pas seulement parce que je crois que chacun doit pouvoir s’exprimer librement, mais aussi que je suis également lésé parce que les liens faits vers son matériel pour discuter ce que je pense être des insuffisances renvoient des 404 qui me gênent.
J’ai proposé de l’aider à remettre le matériel en ligne sur un blog à son nom, mais il n’a pas donné suite.
Quant à la chasse aux sorcières, j’aimerais bien savoir ce qui justifie ce qualificatif.
« Les bases de la théorie physique de Fleury sont réelles.» Eh bien, je n’en suis pas si sûr que ça voyez vous. Certaines des descriptions de Fleury sont tellement flou que l’on ne sait pas de quoi il parle et quand je lui pose la question directement il ne répond pas.
J’en suis à deux éléments fondamentaux pour son modèles et au moins pour l’un des deux, quelque description que je lise depuis 1929 à nos jours, personne d’autre n’a observé ce que Fleury décrit. Soit nous sommes collectivement frappés de cécité vortex spécifique soit il y a un problème avec le modèle de Fleury, je me dis.
Pour l’autre, les deux couches de matrice extracellulaire qui enfermeraient les cellules épiblastique, il n’a pas encore répondu quant à la nature de la couche/membrane supérieure (dorsale); si comme je le pense il a confondu avec la membrane vitelline, son modèle serait à revoir entièrement à cause de l’adhérence différentielle des cellules avec la membrane basale, étroites, et la membrane vitelline, quasiment inexistante un espace rempli de liquide les séparant.
Etc.
Pour aller plus loin, certaines de ses affirmations, du genre « apparition du plan des tétrapodes en une seule génération» , peuvent paraître anodines pour un physicien, mais elles sont absurdes du point de vue de l’évolutionniste, parce qu’en contradiction non pas seulement avec les contingences de reproduction, mais aussi en désaccord avec les arbres phylogénétiques.
Pour répondre à « Sa théorie dérange?» , personnellement.
Non, parce qu’il n’y a pas de théorie, en tout cas pas théorie scientifique. Ce qui me paraît dérangeant est qu’il dit qu’il y a théorie. Avec les hypothèses de base pas encore testées. Ca c’est dérangeant pour moi.
Pas pour vous ?
Oops! j’oubliais. Oui, je pense qu’on peut tout dire sur le Net, mais ça dépend en quel espace.
Oldcola > C’est moi qui ai employé l’expression « chasse aux sorcières» , donc je vais me justifier : il me semble, à vous lire par-ci par-là, que vous ne seriez pas tombé à bras raccourcis sur Vincent Fleury n’eût été votre croisade contre les néo-créationnistes de tout poil et Jean Staune et l’UIP en particulier. Certes ce sont des arguments scientifiques qui motivent votre critique de Vincent Fleury, j’en conviens, mais quand en plus on affiche partout qu’on est un « bright» , ça fait vraiment penser à une chasse aux sorcières !
Après, nous sommes conscients que vous n’avez pas forcément voulu la fermeture du site de Fleury : mais qui sème le vent récolte la tempète…
@ Oldcola Merci pour ta réaction. Sur ces points : « Pour aller plus loin, certaines de ses affirmations, du genre “apparition du plan des tétrapodes en une seule génération”, peuvent paraître anodines pour un physicien, mais elles sont absurdes du point de vue de l’évolutionniste, parce qu’en contradiction non pas seulement avec les contingences de reproduction, mais aussi en désaccord avec les arbres phylogénétiques.»
Pour moi, ce genre d’affirmation est un détail de son modèle (un peu osé certes). Dans le fond, que cela soit fait sur une ou dix ou cent générations, peu importe, ce qui compte c’est que c’est très petit à l’échelle des temps caractéristiques d’évolution, et c’est comme cela que je l’interprète. J’ajoute que de toutes façons, j’ai du mal à imaginer une transition continue entre « pas de membres» et « des membres» .
« Non, parce qu’il n’y a pas de théorie, en tout cas pas théorie scientifique. Ce qui me paraît dérangeant est qu’il dit qu’il y a théorie. Avec les hypothèses de base pas encore testées. Ca c’est dérangeant pour moi.Pas pour vous ?»
Non, et là, je suis en desaccord sur le plan de l’approche scientifique en tant que théoricien. Si les théoriciens ne peuvent pas proposer des théories en avance des expériences – d’ailleurs, qu’est-ce que tu appelles hypothèse de base ici : il y a bien involution et des mouvements de cellules vers le noeud, qui repartent pour former l’axe A-P non ?-, pour alimenter aussi l’interaction avec les expérimentateurs, et bien, nous n’avons plus qu’à pointer à l’ANPE. Bien plus : je ne vois que peu d’intérêt à publier un modèle dont tous les paramètres sont bien compris et bien modélisés, si on ne fait aucune prédiction nouvelle et si on ne se mouille pas en proposant de nouvelles choses. D’ailleurs, je trouve que c’est un problème du domaine de « systems biology» où beaucoup de gens ne font, en somme, que mettre en équations ce qui est déjà connu en biologie. Je ne vois pas vraiment l’intérêt, et bon nombre de papier de biologie qui mettent des équations pour faire hype aujourd’hui ont un intérêt théorique à peu près nul à mon avis. Mais c’est probablement une question de culture épistémologique, comme dirait Enro, et j’ai la même que Vincent Fleury.
Sinon, son modèle est réfutable il me semble (par exemple si on observe un jour un tétrapode formé sans involution, sans « enroulement» comme dirait VF), c’est donc de la science. D’ailleurs, toi-même tu t’emploies à essayer de le réfuter.
Je pense que ce qui est en crise dans l’internet scientifique français, ce sont les échanges. D’idées comme d’url. Essayez de poster un message de présentation de votre blog ou de votre site sur Futura Sciences et vous comprendrez de quoi je veux parler
@Fulmar :
Tout à fait d’accord… Ceci dit, les choses sont un peu en train de changer (je pense) — message aux C@fetiers : avez vous recu le mail de Guillaume Calu? — notamment les « rapports de force» .
La politique de FS (plus que discutable, mais je n’ai jamais été très à l’aise là bas) est amha protectionniste,et effectivement nuisible à la communication. On ne s’informe pas qu’à une seule source, si je me souviens bien de mes fondamentaux.
@Enro :
Akismet ne t’aime pas, c’est décidé. Comme je n’ai rien contre toi et qu’il arrive que tes contributions soient de qualité :p je suis repassé à Spam Karma.
@chercheur :
je trouve dommage de raisonner comme ça. Publier dans des revues sérieuses serait incompatible avec la gestion d’un blog? Allons expliquer ça aux anglo-saxons!
@Tom/Oldcola :
j’aimerai avoir plus de temps pour participer, mais…
@ Enro 26-10-2007 à 7:02 pm Exact que la théorie de Fleury ne m’intéresse que dans le cadre de son exploitation par Staune et l’UIP. Pour le reste je ne donne pas un cents. Je suis athée déclaré depuis presque 44 ans, bright inscrit sur les listes depuis peu. Mais je n’ai aucune armada derrière moi, j’agis à titre personnel. Je supporte des gens comme Ken Miller, pour la simple raison qu’il respecte le NOMA de Gould. Je critique d’autres, comme Staune, qui le dénonce et qui aimerait voir des options idéologiques/religieuses régler ce qui est enseigné comme sciences ou pire, réclame le « droit de citer» des croyances au même titre que le savoir.
@ Tom Roud 26-10-2007 à 7:09 pm Je ne prendrais pas le « en une seule génération» légèrement. Fleury pense que les membres, par exemple, sont des objets « platoniciens» qui sont révélés par les gènes et il est téléologiste dans sa façon d’aborder le sujet, un a priori que je trouve peu scientifique. La façon dont tu comprend la chose est une interprétation, ni plus ni moins. Il peut être explicite et s’il pense que c’est juste un phénomène qui n’est que le fait d’une sélection naturelle cumulative accélérée il peut en dire autant.
Je n’ai pas dit que l’on ne doit pas émettre des hypothèses, au contraire j’en apprécie plusieurs (dont en dernier). Mais de là à parler de « théorie» il y a une distance qui est énorme. Dans la discussion Fleury présente sa « théorie» comme soutenue par des papier publiés dans des revues à peer-review. Ce qui est publié sont des hypothèses. Elles ne peuvent pas soutenir une théorie scientifique tant qu’elles n’ont pas été validées.
Si je dis que « le père Noël existe» , la proposition est réfutable et on aurait raison de me demander de prouver mon assertion. Ca ne fait pas d’elle une théorie, même pas une hypothèse, scientifique. Et s’il y a là un problème de culture scientifique pour envisager la qualité de cette assertion comme du « n’importe quoi» le problème est particulièrement grave. L’exemple n’a strictement rien à voir avec Fleury.
@ tous Le propositions de Fleury ne sont pas en opposition avec les biologistes juste. C’est aussi le cas avec les travaux de plusieurs physiciens qui s’intéressent à la mécanique du développement, Newman ou Glazier par exemple, qui eux partent des données expérimentales qu’ils réussissent à modéliser avec beaucoup plus de succès, je trouve. Mais, Fleury ne veux pas entendre parler des résultats expérimentaux mettant en oeuvre, par exemple, des gradients de morphogènes pouvant perturber complètement la partie « physique» de son modèle. Ou de manips qui établissent le rôle de tel ou tel gène dans le déterminisme de diverses parties du développement.