Word : Goodbye, my friend
Posté par Timothée le 18 Jun 2007 dans Je suis aussi un Geek, LaTeX, Mac • 5 commentairesJe l’ai enfin fait. Quoi? Dire au revoir à Word, et sorti mon tube d’aspirine, pour me lancer dans LaTeX. Au programme de ce billet, donc, l’histoire d’une migration (presque) sans problèmes, les outils que j’ai choisi, et comment ils s’articulent. Et croyez moi, l’effort que ca demande est largement récompensé…
Pourquoi?
Pourquoi passer à autre chose que word, qui offre quand même pas mal de points positifs?
- Confort d’utilisation
- Format “standard” (Word/OpenOffice/NeoOffice/…)
- Interface intuitive et assez agréable
Je viens de finir un document relativement long (un mémoire de stage de 46 pages), avec des références, des figures, et des tables. Le gérer avec Word n’a pas franchement été une partie de plaisir: problèmes de références qui se promenaient sans raison, sauts de pages capricieux, formatage des tableaux long à homogénéiser, etc etc.
Sans compter que la lourdeur du document faisait ramer mon système de gestion des références, j’ai nommé EndNote. Bref, les derniers jours, ca devenait difficilement vivable. J’ai eu beau découper mon document en un maître et plusieurs esclaves, ca n’arrangeait pas beaucoup ma situation.
Par quoi remplacer?
J’ai donc cherché un logiciel, ou une suite de logiciels, qui feraient mieux que word dans le domaine qui m’intéresse (l’écriture de documents à peu près structurés, avec des références et des renvois croisés, et de la bibliographie). Le tour d’horizon que j’ai effectué (et le billet de Phnk sur le sujet) m’a amené à braquer mon regard sur une distribution LaTeX.
En Mac User que je suis, j’ai téléchargé TeXlive, qui tourne aussi sous Windows. L’installation est remarquablement facile, rien à dire de ce côté la.
Avec quoi?
Texlive est une distribution, pas un éditeur. Il me fallait donc chercher un logiciel qui permette de taper mon texte au format .tex, pour le compiler. Etant à la fois feignant, exigeant, et dépourvu de toute velléité d’apprendre la syntaxe LaTex (et ce ne sont pas mes plus grandes qualités), j’ai donc cherché un logiciel suffisamment solide. Mes critères
- Qu’il gère les templates de documents, si possible avec un assistant
- Qu’il propose des raccourcis et des palettes d’outils
- Qu’il puisse gérer seul comme un grand la compilation
- Qu’il aie des raccourcis claviers bien personnalisables
- Qu’il soit libre et en français
J’ai trouvé la perle rare: TexMaker. Pour ceux qui veulent se lancer dans LaTeX, c’est vraiment idéal.
Mes galères
Avec ma chance habituelle, vous imaginez bien que tout n’a pas fonctionné du premier coup comme sur des roulettes. Dans les premiers instants, j’ai même failli renoncer: Texmaker ne compilait pas mes documents! Le problème est assez courant sous Mac, et dépend de la distribution utilisée.
Il suffit d’utiliser le terminal, et de taper la commande
which nom_du_programme
ou nom_du_programme correspond au nom des différents exécutables requis (dvips, pdflatex, bibtex, …)
Une fois cette étape effectuée, TexMaker et moi nous sommes entendus à merveille.
What else?
Vous imaginez bien que je n’allais pas m’arrêter en si bon chemin. Il faut bien compléter un peu les performances déjà appréciables de LaTeX.
Ce que j’utilise beaucoup, c’est BibDesk/Citeulike (cf. le post de phnk déjà mentionné).
Pourquoi BibDesk? Les avantages du programme, par rapport à EndNote, sont nombreux. Au niveau ergonomie, j’ai tout de suite senti la différence. Les recherches sur PubMed sont un peu plus faciles, et la récupération est plus simple. Le système de mot-clés est vraiment génial.
La création de liens vers les pdf est un autre avantage du programme (je n’ai jamais réussi à le faire marcher avec EndNote X). Autre point positif, la base de donnés tient en un seul fichier (contrairement à EndNote…) facilement partageable.
Parlons de partage : l’ajout des références dans la base de données citeulike est vraiment simplissime. On en redemanderait presque.
Mais je ne me suis pas arrêté la. Il restait à intégrer ça avec l’autre outil de recherche biblio que j’utilise massivement: google scholar. Ce qui fût rapide, dans la mesure ou via les préférences, on peut choisir d’exporter directement la clé au format Bibtex. Autant j’ai eu des problèmes de clés qui ne s’importaient pas dans EndNote, autant la, tout roule à merveille.
Pour l’instant, ça fonctionne à peu près (même si je n’ai pas eu le temps de m’en servir “pour de vrai”). Moins souple (niveau “artistique”) que Word, oui, mais avec un rendu tellement meilleur pour une prise de tête tellement moins grande, que j’adopte!
Timothée is
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un des avantages de word, quand meme, c’est la possibilite d’avoir des commentaires ou de faire “track changes” (je sais pas comment ca se dit dans la vf) ce qui est tres tres utile quand tu as un papier en ecriture avec plusieurs auteurs qui corrigent amendent proposent…
un des inconvenients de latex, quand meme, c’est le positionnement des figures (ah moins que ca n’ait radicalement change depuis que j’ai redige ma these)
Ok pour le “suivi des commentaires”, vraiment pratique. C’est vrai que les outils permettant de le faire avec LaTeX sont minimes (ca devrait exister, mais je n’ai pas cherché pour le moment).
Au niveau du positionnement des figures, j’ai trouvé ça franchement simple. LaTeX s’occupe de (presque) tout tout seul, et le placement est en général réussi (via quelques options, pour spécifier si tu veux que ta figure occupe une feuille à part, le haut ou le bas de la page, ou qu’elle apparaisse “la ou elle se trouve” dans la source.
J’ai fait quelques essais pour me rendre compte du rendu, et c’est tout à fait crédible.
“Ça devrait exister, mais je n’ai pas cherché pour le moment” : c’est un problème récurrent avec LaTeX, tout est possible, quasiment tout a déjà été pensé par quelqu’un d’autre auparavant, mais la plupart du développement reste à l’état de bidouillage (typiquement, BibTeX est une extension très riche de LaTeX, et pourtant le catalogage des styles et des classes est sous-développé, malgré un serveur de centralisation, CTAN).
LaTeX est durement frappé du côté geek de la Force : tout est possible si tu as une nuit est deux fenêtres de XTerm devant toi. Le seul avantage de Word reste que, quand tu le lances, ça marche (à peu près). Pour taper du texte semi-enrichi (styles et footnotes), c’est suffisant. Pour le semi-brut (italiques, linespace), les petits trucs genre TextEdit suffisent.
A propos du track changes il y a “subversion” (ou svn pour les intimes). Exclusivement en ligne de commande, je crois, c’est cependant un programme génial pour les tracks changes qui permet de gérer un projet à plusieurs et qui est très facile d’utilisation! Mais il vaut mieux voir ça ici : http://subversion.tigris.org/.
Sinon j’ai moi aussi (un mac) passé de word à pages puis à latex, je trouve ça génial!
Même si je dois bien avouer que le manque de “rassemblement d’informations” est plutôt… embêtant!
Par contre j’ai un problème avec texmaker : je n’ai pas l’onglet préférences ?!?
LyX fait du track changes, maintenant. Mais j’ai laissé tombé (quitte à faire des stats avec R, de la phylogénie avec PAUP et PhyML, et autres choses de ce genre, autant tout faire en mode texte…), même LaTeX. Et puis j’utilise trop de macros perso pour LyX.
Sinon, merci pour svn, je vais regarder ça.
J’ai laissé tomber TeXMaker aussi, je suis passé au très puissant TextMate (payant, mais il en vaut la peine), mais si je me souviens bien, c’est soit Pomme+, , soit menu TexMaker/Fichier>Préférences
Bon courage avec LaTeX