Immunologie, parasites et reproduction

Posté par Timothée le 29 March 2007 | , , , ,

Je profite d’une petite pause dans mon emploi du temps pour vous parler d’un concept que j’avais deja survolé, mais qui m’est revenu ce matin sous la forme d’un article posé dans ma pile à lire rapidement. Il parle du rôle de l’immunologie dans l’évolution, et notamment du délicat problème de l’allocation des ressources.

Imaginez. Vous êtes un poisson, ou un oiseau. Pour séduire madame, il vous faut avoir des organes sexuels secondaires développés. Par exemple, chez les hirondelles, ça consiste à un allongement des plumes de la queue, chez la majorité des poissons, c’est un allongement des nageoires.

Et la, il faut se dire que finalement, la vie, c’est l’utilisation de ressources énergétiques. C’est un peu plus complexe, mais à peine. Vous partez avec une quantité limitée de ressources, qu’il faut allouer entre différentes activités. Ces différentes activités, pour faire simple, sont la maintenance de soi-même, et la maintenance de son espèce.

En d’autre termes, il faut allouer les ressources entre (ne pas mourir suite à une infection, ne pas être infecté) et reproduction. En gros, c’est le concept de trade-off.

Dans leur papier, (Sheldon et al., 1996 ), font un résumé assez clair du problème (largement étudié chez les oiseaux, récemment chez les poissons). On en retrouve des traces dès 1982, avec un papier fondateur de Hamilton et Zuk (tellement fondateur que j’ai oublié d’en noter les références). Maynard-Smith (rien que ça) à écrit une minireview sur le sujet en 1985, et Folstad et un autre dont j’ai oublié le nom ont synthétisé et proposé un modèle qui inclut le système endocrinien, paru dans American Naturalist en 1992.

Finalement, les implications de tout ça sont assez passionnantes. Le maintien des caractères sexuels secondaires est lourd (expériences à l’appui), de même que le fait d’avoir des portées nombreuses (idem). Avec au final, une perte d’. Paradoxalement, avoir les plus beaux caractères sexuels secondaires, donc supposément les meilleurs gènes (je n’aime pas cette expression du tout, mais elle est assez fréquente dans la littérature), c’est aussi être le plus sensible aux parasites, bactéries, virus.

Dernières chose qui m’a plu: augmenter la taille de ses nageoires, ou de ses plumes, c’est augmenter la surface de son corps susceptible d’abriter un parasite…

J’essaierai de développer un peu plus tout ça dès que j’aurai avancé mes lectures, et trouvé un peu de temps.

Références

Sheldon Ben C. and Verhulst Simon (1996 ) Ecological immunology: costly parasite defences and trade-offs in evolutionary ecology , Trends in Ecology and Evolution 317–321 Vol 11 :8

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