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OGM et droits de réponse…

Avec 5 commentaires (lu 62 fois)

La vidéo sur les OGM, suscitant pas mal de réactions, il est toujours intéressant de savoir ce que les principaux intéressés ont à dire (en l’occurrence, réponses du Pr Marc Fellous, de Gerard Pascal, et de Corinne Lepage)

Mis à jour le 14 février

9 février

Corinne Lepage, à propos du reportage de Canal+ sur les OGM, vient de me déclarer:

Le reportage n’est en rien manipulateur

Donc tout va bien! Je lui ai demandé si elle accepterait de répondre à mon article.

J’ai recu à la place une réponse de Mr. Bertrand Rio, responsable de la communication du parti Cap 21. Réponse relativement décevante, d’ailleurs, mais je vous laisse seuls juges :

Je ne partage ni l’analyse ni le décryptage que vous faites de ce reportage, surtout quand on connait la rigueur journalistique de Paul Moreira et Jean Luc Hermann

J’ai renvoyé un petit mail derrière, qui n’a rien donné.

14 février

Marc Fellous, président de la Commission du Génie Biomoléculaire, a écrit une réponse (les mises en gras sont de mon fait):

Vous avez, comme beaucoup de personnes, reçu par Internet un message vous invitant à visionner une vidéo sur les OGM présentée comme censurée.
Cette vidéo n’a pas été interdite d’antenne puisqu’elle a été diffusée sur Canal Plus le 15 novembre 2005.
Cette émission, dans laquelle je suis interviewé, porte sur un maïs génétiquement modifié présenté comme dangereux pour la santé, et une étude de toxicité qui aurait été volontairement dissimulée. Ce document manque d’objectivité, et accumule les erreurs et les inexactitudes ; avec des coupures bien choisies, l’on me fait tenir des propos, qui sortis de leur contexte, donnent lieu à interprétations erronées. D’ailleurs, M. Le Député Jean-Yves Le Déaut, alors président de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST), a écrit dans ce sens au rédacteur en chef de l’émission, une lettre de violentes protestations.
Revenons sur ce qui s’est réellement passé :
La CGB, saisie pour effectuer l’évaluation scientifique du dossier de mise sur le marché du maïs génétiquement modifié MON863, s’est interrogée sur les résultats d’une étude de toxicité sur les rats qui montraient des différences entre le lot témoin et les rats nourris avec l’OGM, sur différents paramètres biologiques. La CGB a alors demandé, à plusieurs reprises, des informations complémentaires (re-examen des coupes histologiques par des experts renommés, nouvelles données sur le poids des reins et autres études toxicologiques impliquant le même maïs transgénique) et a fait appel à un spécialiste français dans le domaine, avant de conclure au fait que les modifications observées correspondent à des anomalies fréquentes chez le rat de laboratoire et n’ont pas de signification quant à la toxicité du maïs OGM. Après plusieurs examens du dossier, la CGB a donc finalement conclu, à l’issue de 5 avis, à l’absence de risque pour la santé, par rapport à un maïs conventionnel.
On peut s’étonner que M. Gérard Pascal, membre de la CGB, toxicologue, rapporteur du dossier, et qui a été à l’origine des questions posées par la CGB sur le dossier, n’ait pas été interrogé par Canal+.
Il est regrettable que les interrogations de la CGB sur un dossier, illustrées par les 5 avis émis sur ce dossier et qui font partie du processus normal d’évaluation, aient été utilisées dans les médias pour semer le doute sur la sécurité des OGM autorisés et discréditer la Commission du génie biomoléculaire.
Marc Fellous
Président de la Commission du génie biomoléculaire

Gerard Pascal, dont il est fait mention ici, a réagi lui aussi à cette vidéo. Il l’a fait en des termes proches de ceux que j’ai entendu en parlant du documentaire avec d’autres biologistes.

Ceci est une imposture. Cette information a d’ailleurs été démentie sur France-Inter avant hier. Ce reportage a été diffusé sur Canal le 15 novembre 2005. Il est scandaleux, c’est un ramassis de mensonges et d’inexactitudes. J’ai participé le 08 décembre 2005 à une réunion de tous les responsables de communication des centres INRA (21 ou 22) pour analyser avec eux, en détail, les passages mensongers. Je me sentais d’autant mieux placé que j’étais à l’origine des questions posées au sujet du MON 863 dont j’étais rapporteur à la CGB. Canal + s’était bien gardé de m’interroger. Le rédacteur en chef de l’émission a reçu une lettre de violentes protestations de la part de Jean-Yves Le Déaut (député de Nancy), alors président de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST). Depuis j’ai fait une analyse critique des articles publiés par l’équipe italienne évoquée dans l’émission, articles dont je ne peux retenir les conclusions et qui n’auraient jamais dû être publiés. J’en ai discuté récemment en détail avec des opposants aux OGM sans qu’ils ne trouvent à dire pour contrer mes arguments.
Tout ceci est proprement scandaleux et sans doute pas sans rapport avec la campagne électorale. Corinne Lepage, qui est candidate et qui ment délibérément dans l’émission, poursuit à la fois des objectifs politiques mais aussi financiers; elle est, avec son époux, à la tête de l’un des plus gros cabinets d’avocats de la place de Paris. Elle vient d’ailleurs de se faire aligner dans la Canard Enchaîné du 31 janvier.
[passage adressé au premier destinataire du mail]
J’ai tout le dossier et il est chargé. Je peux intervenir n’importe où, devant n’importe qui. Cette diffusion est une attaque intolérable à la vérité scientifique et tous les chercheurs devraient réagir.

Les réponses des journalistes et de Corrine Lepage se font toujours attendre…

Ecrit par Timothée

9 fév 07 à 3:44

5 réponses à la note 'OGM et droits de réponse…'

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  1. quand on connait la rigueur journalistique de Paul Moreira et Jean Luc Hermann

    Ce non-argument de soumission à “l’autorité” signale à coup sûr l’absence d’esprit critique et la paresse intellectuelle, porte ouverte à toutes les dérives manipulatives. Il ne faut pas alors se plaindre de la médiocrité de l’information en France. On a les médias qu’on mérite.

    A moins que Monsieur Rio voulait “quand on connait (sic) le manque de rigueur journalistique…”

    Demesure

    10 fév 07 à 12:46

  2. • Une « fausse histoire de censure »

    Depuis quelques jours circule un message électronique invitant à visionner une vidéo sur les OGM intitulée « Les OGM sont-ils dangereux pour la santé ? Le rapport qui accuse », produite par Canal Plus et prétendument censurée par la chaine qui refuserait de le diffuser. L’émission est censée démontrer les effets nocifs des OGM sur les rats de laboratoire qui l’ont consommé au cours de tests. Ces résultats auraient de surcroit étés gardés secret par les autorités concernées. Or, la vidéo en question est un reportage diffusé sur la chaîne cryptée le 15 novembre 2005 dans l’émission « 90 minutes ». Paul Moreira, alors aux commandes de l’émission le reconnait d’ailleurs volontiers et précise dans Libération (le 7 février 2007) qu’« à cause de cette fausse histoire de censure, ce doc a été vu par deux fois plus de gens qu’à la télé ».

    Mais par-delà le canular, un rappel de la chronologie et des conclusions des instances scientifiques françaises et européennes consultées qui contredisent totalement les affirmations des « journalistes d’investigation » est nécessaire.

    • Un parti pris biaisé, défavorable aux biotechnologies

    La parti pris des journalistes est défavorable, a priori, aux biotechnologies. En effet, dès les premières minutes du reportage, la première définition des OGM qui est donnée est incomplète et anxiogène : « une plante dans laquelle des scientifiques ont introduit un gène venant d’un animal ». Or, aucune culture commerciale OGM actuelle ne contient de gène d’origine animale. De plus, la plupart des scientifiques interviewés pour accréditer la thèse des journalistes ont été discrédités par la communauté scientifique pour leurs travaux dans ces domaines.

    • Comme chaque OGM, le maïs MON863, cité dans le film, a fait l’objet d’une procédure d’évaluation scientifique avant toute autorisation de culture ou de commercialisation

    Rappelons que la procédure d’autorisation des OGM prévoit une concertation entre tous les Etats européens et leurs autorités scientifiques compétentes dans ce domaine, sous l’égide de l’EFSA (European Food Safety Authority). En France, les deux organismes appelés à se prononcer en la matière sont la Commission du génie biomoléculaire (CGB) composée d’experts scientifiques de la recherche publique et de représentants de la société civile d’une part, et d’autre part l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (AFSSA) qui réunit uniquement des scientifiques de la recherche publique.

    • Les autorités scientifiques françaises (AFSAA et CGB) ont conclu à l’équivalence du maïs MON 863 avec le maïs conventionnel

    Avant toute considération, il convient de rappeler que les experts de l’AFSAA et de la CGB ont eu comme il se doit accès à l’intégralité des données du dossier pour pouvoir mener à bien leur évaluation. Contrairement à ce que prétendent les détracteurs, aucune donnée n’a été dissimulée. La CGB a donc précisément évalué les effets du maïs MON 863 évoqué dans le reportage. Gérard Pascal, alors directeur scientifique pour la nutrition humaine et la sécurité alimentaire à l’Institut national de la recherche agronomique (un organisme public), membre de la CGB, a été rapporteur de cette évaluation. Il précise : « nous avons mis plus d’un an, avec des évaluations successives de plus en plus focalisées, avant d’arriver à une conclusion analogue à celle d’autre comités d’experts comme ceux de l’AFSSA et de l’EFSA », c’est-à-dire constatant l’absence d’anomalie imputable à l’alimentation à base de maïs OGM sur les reins des rats. Ces évaluations ont été menées par des experts biologistes (le spécialiste mondial de la pathologie du rein du rat de laboratoire y participa). Des contre-expertises ont également été demandées à d’autres experts scientifiques, dont le Professeur A. Parodi, ancien directeur de l’Ecole Nationale Vétérinaire d’Alfort. Elles ont abouti aux mêmes conclusions.

    Marc Fellous, actuel président de la CGB rappelle que celle-ci a conclu « que les modifications observées correspondent à des anomalies fréquentes chez le rat de laboratoire et n’ont pas de signification quant à la toxicité du maïs OGM. La CGB a donc conclu à l’absence de risque pour la santé par rapport à un maïs conventionnel », au cours des séances des 9 et du 23 novembre 2004. En d’autres termes, les « anomalies » qui auraient soit disant été gardé secrètes sont traditionnellement observés chez les rats de laboratoires, qu’ils soient nourris avec du maïs ou non, qu’il soit génétiquement modifié ou non. Cette étude permet de conclure à l’absence d’effets potentiels du maïs MON863 sur la santé, animale ou humaine. Outre les conclusions des experts, les résultats de cette étude ont fait l’objet d’une publication dans une revue scientifique à comité de lecture .

    Marc Fellous a jugé que ce documentaire « manque d’objectivité, et accumule les erreurs et les inexactitudes ». En jouant sur les peurs et en mettant en scène une prétendue censure, il n’aura guère participé à l’objectivité du débat sur les biotechnologies et aura jeté le discrédit sur des informations scientifiques rigoureuses.

    Les professionnels des semences et de la protection des plantes

    professionnel des semences

    22 fév 07 à 12:06

  3. J’ai également visionné ce reportage. Je trouve qu’il refléte bien l’état d’esprit entretenu en France sur les plantes OGM par certaines organisations. Je m’étais jusqu’ici contenté de suivre ces débats entre scientifiques et assos anti-OGM d’un oeil amusé. Mais ce reportage dépasse les bornes et m’amène à essayer (en tant que membre de la Société Française de Toxicologie) d’en démonter la supercherie et de plaider en faveur d’un peu moins de bêtise et d’un peu plus de raison dans nos débats sur les OGM en France.

    Il est tout d’abord FAUX de prétendre que la diffusion du reportage a été interdite. Il a effectivement été diffusé sur C+ le 15 Novembre 2005.

    Ce reportage n’est ni INSTRUCTIF (car extrêmement incomplet au plan scientifique et technique, voir ci-dessous), ni OBJECTIF: il s’agit simplement d’un pamphlet (encore un) anti-américain et anti-Monsanto. Aucune interview de spécialistes des OGM, aucune interview de toxicologue, aucune argumentation contradictoire. Bref, l’exemple typique d’un MAUVAIS reportage dont la partialité n’a d’égale que la médiocrité.

    Première erreur grossière: la définition d’une plante OGM donnée dans le reportage: c’est une plante dans le génome de laquelle on a introduit un gène codant pour une protéine d’origine ANIMALE. Toujours ce vieux theme des farines animales … Un reportage plus précis et plus à jour aurait indiqué que dans de nombreux projets (en fait la majorité de ceux développés à l’heure actuelle) le géne introduit peut aussi coder pour une protéine d’origine VEGETALE dont on attend qu’elle confère à la plante receveuse des propriétés intéressantes observées chez une plante “donneuse”.

    Deuxième erreur grossière: le maïs Monsanto, un maïs (anti-pesticide) donc qui tue les insectes: et on nous montre une abeille morte! En réalité ce maïs exprime un gène qui tue la chrysomèle un insecte qui attaque les racines du maïs!

    La raison invoquée selon laquelle les informations (notamment celles obtenues dans le laboratoire de Manuella Malatesta, et mentionnées dans le reportage) seraient retenues par des conspirations gouvernementales ou institutionnelles est un pur délire. Rien ni personne n’empêchera un éditeur scientifique de publier un article. Voir à ce sujet l’affaire Pusztai (interviewé dans le reportage) dont l’article avait été publié dans une grande revue médicale internationale The Lancet. Les articles de Manuella Malatesta (largement cités et repris dans le reportage) sont publiés dans Eur J Histol 2002 et 2005 et J Anatomy 2002.

    Revenons sur les travaux de Manuelle Malatesta (et collaborateurs) dont l’honnêteté scientifique n’est pas à mettre en doute. J’ai lu ses articles en détail. Des souris nourries au soja OGM ou au soja normal pendant 1 à 8 mois avec une nourriture contenant 14% en poids (! ) de soja ont été étudiées. Remarquez premièrement que 8 mois chez une souris correspond à la demie vie (durée de vie d’une souris entre 1 et 2 ans maximum). Pour un homme, cela signifie que la ration alimentaire journalière est constituée de 14% en poids de soja pendant 40 ans. Que disent ces articles: que les animaux ne présentent AUCUNE ANOMALIE au plan des organes étudiés (foie, pancréas, etc.), et surtout AUCUNE ATTEINTE A LEUR SURVIE, OU A LEUR POIDS, OU A LEURS NIVEAUX CIRCULANTS D’INSULINE ET D’ALPHA-AMYLASE A LA FIN DU TRAITEMENT. Tout au plus, des perturbations au niveau de la forme des noyaux cellulaires ou de la concentration intracellulaire d’une enzyme sont constatées. Enfin, CES PERTURBATIONS (LORSQU’ELLES EXISTENT) SONT REVERSIBLES (Malatesta et al. Eur J Histochem 2005). Encore un aspect de ces travaux non consigné dans le reportage. Est-ce à dire que ce type de recherche est inutile? NON bien évidemment. Au contraire, ce type de travaux sont d’une très grande utilité, et c’est précisemment sur eux que s’appuient les experts pour juger du risque représenté par les plantes OGM. A cet égard je partage l’indignation de Manuelle Malatesta de ne pouvoir continuer ses travaux. Mais il ne faut pas chercher à leur faire dire ce qu’ils ne disent pas.

    Autre élément du reportage qui prête à rire (ici on ne peut parler de manipulation mais de simple ignorance): le journaliste nous apprend que M Malatesta et son équipe ont utilisé le microscope électronique jamais utilisé au paravant pour étudier les organes des souris. Il faut savoir que ce type de microscope est utilisé depuis les années 60!

    Dans le reportage Corinne Lepage témoigne. Elle a demandé à voir le dossier sur les rats nourris au maïs Monsanto et on lui a envoyé (par erreur) un dossier sur des vaches allaitantes. Mais elle n’en a pas voulu. Elle voulait voir le dossier sur les rats, et celui-ci lui a été finalement envoyé. En tant que toxicologue ce qui me surprend le plus est qu’apparemment le dossier sur les vaches était beaucoup plus pertinent à consulter puisque la viande bovine et le lait sont deux éléments majeurs de notre consommation. Admettez que notre consommation de rat est exceptionnelle! Le dossier sur les vaches portait-il matière à interrogation? Il eut été intéressant de faire état des conclusions de ce dossier.

    Un dernier point particulièrement affligeant. La question de la dangerosité des plantes OGM est posée au Professeur Marc Fellous à la fin du reportage. Avec une très grande honnêteté scientifique et intellectuelle celui-ci répond en scientifique responsable: même si aucune donnée ne nous permet à l’heure actuelle de dire que des risques existent pour les populations humaines exposées, on ne peut pas affirmer qu’il n’y en a pas. Le risque zéro n’existe pas. Et le journaliste de s’emparer prestement de cette réserve avec l’arrogance imbécile des ignorants pour conclure à “un surprenant aveux” (sic) sur le fait que les plantes OGM représentent un grand danger! Bravo pour l’entourloupe: un modèle du genre! Marc Fellous (que je ne connais pas personnellement) a eu raison de mettre en avant le principe de précaution. On a affaire tous les jours au même problème dans le développement des nouveaux médicaments. Il faudrait que le journaliste en question se renseigne un peu sur ce qui se passe ailleurs que dans l’hexagone. De nombreux pays ont donné leur accord depuis plusieurs années à l’importation du Mon863: Australie, Nouvelle Zelande, Japon, Philippines Corée, Taiwan et autres, sans compter les USA. Pense-t-il sérieusement qu’il y ait également dans ces pays une conspiration des gouvernements et des agences de protection de la santé pour minimiser les risques que représenteraient les plantes OGM au détriment de la santé des populations???

    
    

    Un exemple d’atteinte aux organes: celui du foie. Je serais tenté de demander à ce journaliste de faire un reportage dans le Sud-Ouest sur le foie gras. N’y a-t-il pas là matière à s’indigner de voir qu’on laisse depuis des siècles les Français consommer du foie gras sans modération? Si on veut parler science, le foie des canards et oies gavés au maïs (tout à fait normal celui-là!) est fortement stéatosique (stéatose: une maladie essentiellement hépatique due à l’accumulation de graisse) à la fin du gavage. C’est ce qui en fait le goût. Et je suis personnellement un grand amateur et consommateur de foie gras. Mais si on en revient à la science, peut-on dire que le foie de ces animaux est normal? IL L’EST À COUP SUR BIEN MOINS QUE CELUI DES SOURIS DE MANUELLE MALATESTA (VOIR CI-DESSUS). Faut-il donc en interdire la consommation au titre que le gavage au maïs est responsable de la modification du foie chez ces animaux? Faut-il traiter nos producteurs de foie gras de tous les maux? Faut-il détruire leurs élevages? Maintenant poursuivons le raisonnement jusqu’au bout: et si nous faisions consommer ce foie gras (à la dose de 14% en poids de ration alimentaire) tous les jours à des personnes pendant la moitié de leur vie? Ne pensez-vous pas que cela pourrait représenter un risque? Fin de la plaisanterie.

    Il faut se rendre à l’évidence. Les plantes OGM sont déjà largement utilisées dans de nombreux pays, et rien ne pourra empêcher leur développement et leur progression. Et à ce jour, aucun accident sur l’homme (ni sur des animaux utilisés dans l’alimentation humaine) n’a semble-t-il été rapporté. Ce ne sont pas les organisations anti-OGM qui vont faire plier Monsanto ou toute autre firme dans le domaine. Tout au plus, leurs actions risquent de stériliser la recherche française dans ce domaine. Cela veut dire que les brevets seront développés ailleurs et que nous resterons dépendants des Monsanto et autres Compagnies dans le futur. Non seulement nous utiliserons les plantes OGM dans le futur, mais en plus nous les payerons au prix fort pour ne pas avoir pris suffisamment de part à leur développement. A cet égard, les organisations anti-OGM qui sévissent actuellement dans notre pays portent une très lourde responsabilité. De façon tout à fait ironique on peut dire qu’elles font le jeu des Monsanto et autres Cie qui elles ne vont arrêter leurs activités et leurs productions.

    Il me semble que toute attitude responsable devrait consister à produire des débats OBJECTIFS dans lesquels les considérations scientifiques et contradictoires devraient être placées au premier plan pour informer le grand public et non pour lui faire peur. Faut-il dire que tout est bon dans les plantes OGM? Bien évidemment non. De fait, certaines observations (contradictoires elles aussi) montrent que l’utilisation de maïs et autres soja resistants aux herbicides n’a pas contribué à abaisser la consommation des herbicides et pesticides, montrant ainsi les limites de telles stratégies. Il semble que les objectifs initiaux ne sont pas totalement atteints dans ce type d’application, au moins pour le moment. Mais, la résistance aux herbicides et aux insectes n’est pas la seule application des plantes OGM. De nombreux autres aspects sont en cours d’étude et ne sont jamais évoqués. Tout d’abord le fait que la majorité des projets pour le futur concerne le transfert de gène d’origine VEGETALE (et pas animale) et ensuite que les applications sont innombrables telles que l’adaptation à la sécheresse (c’est un problème qui devrait être important au vu des changements climatiques), aux sols à haute salinité (aujourd’hui non cultivables), à la dépollution de zones contaminées par des métaux lourds, sans parler de l’amélioration des qualités gustatives ou nutritionnelles, le développement de plantes spécialisées pour produire des biocarburants, des médicaments, etc., etc., etc. Est-il réellement diabolique de vouloir développer ces types de recherches et d’applications? Faut-il tout arrêter pour des raisons purement politiques (anti-américaine) parce que plusieurs compagnies américaines sont leaders dans le domaine? Un organisme (la Commission du Génie Biomoléculaire) existe en France pour évaluer les risques présentés par les projets en cours de développement. Faisons lui confiance. Elle est constituée d’experts qui n’ont aucune raison de vouloir faire courir le moindre risque aux populations et les insinuations portées dans le reportage sont purement ignobles!

    Enfin, pour celles et ceux qui souhaitent avoir de réelles informations OBJECTIVES, CONTRADICTOIRES et ARGUMENTEES par des scientifiques professionnels et spécialistes du domaine, je recommande l’ouvrage suivant: Plantes transgéniques: faits et enjeux. Par A Gallais et A Ricroch, ed. Quae. Son prix 34 E (je ne connais pas les auteurs, ni l’éditeur de cet ouvrage, et je ne touche pas de royalties sur les ventes).

    Bonne lecture!!!

    Patrick Maurel

    25 fév 07 à 11:24

  4. Cherchez qui finance les recherche privées de certains responsables des commissions de veille sanitaire et vous serez surpris.

    Qui manipule qui dans l’affaire ?

    PIERRE

    2 mar 07 à 6:44

  5. Les OGM sont-ils dangeureux ? Peut être, peut être pas… Prenons comme exemple le soja OGM. Sa caractéristique est de résister à un herbicide. L’herbicide en question et les semences sont commercialisés par la même société. Même si le soja OGM n’est pas dangeureux, l’herbicide lui l’est et il a déjà détruit les sols d’Argentine. On nous presente les OGM comme un progret, mais un progret pour qui ? Pour la société qui commercialise semence et herbicide bien sur. Pour les agriculteurs a cout terme mais a long terme avec la destruction des sols cela se révèle une catastrophe.

    Olivier

    12 avr 07 à 10:35

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