Expérimentation animale : du besoin de communication

Posté par Timothée le 4 February 2007 | , , , ,

Dernier billet de la série (qui sera suivi d’un récapitulatif d’ici peu), il sera consacré à la nécessité d’une communication efficace entre l’institution scientifique et la société civile sur l’épineux problème de l’expérimentation animale. Les éléments d’information nécessaires à la compréhension du problème (au moins à la création d’une vision d’ensemble) existent, mais ils sont souvent fragmentés, manipulés, difficiles d’accès.

Résultats obtenus pour la requête {{expérimentation animale}} dans google. Les associations anti sont largement favorisées.Chercher une information sur internet se fait souvent via google. Etant à peu près sûr du résultat, mais voulant confirmer, j’ai cherché des informations sur l’expérimentation animale, en n’entrant que ces deux mot-clés (en me disant que la requête était neutre et générale). Les deux premiers résultats renvoient au même site de l’association OneVoice. Le fait est que les premiers résultats de google sont les plus visités. Les arguments avancés par OneVoice sont ceux que l’on retrouve le plus fréquemment dans les débats sur l’expérimentation animale, même si ils reposent sur des mensonges et des affirmations dénuées de tout fondement, sans souci aucun de justification.

Ce constat a été fait par de nombreux scientifiques, il a même été l’un des premiers rapportés au colloque du GIRCOR, par le sénateur Nicolas About (président de la commission des affaires sociales). Le fait que les niches d’informations principales (forums, premières places de google et autres moteurs, campagnes de mails,…) soient trustées par les associations anti (OneVoice, PETA[1], International Campaigns, … ) est un obstacle évident au dialogue entre recherche et société civile, qui pourtant est nécessaire. Il est évident que la société civile est demandeuse d’informations sur un sujet aux implications aussi vastes (d’ordre sanitaires ou éthiques). En l’état actuel, ces informations ne sont pas disponibles. A titre d’exemple, 50% des personnes interrogées au cours de divers sondages pensaient qu’aucune loi n’encadrait la pratique de l’expérimentation animale.

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Ces textes sont rarement mis en avant par les associations anti, d’ailleurs, ou alors cités dans leur intégralité, sans souci de médiation. De cette opacité que les associations entretiennent, et que les scientifiques ne cherchent pas à dissiper, naissent les rumeurs. Face à ce que la journaliste scientifique Brigitte Milhau à appelé la constipation du savoir, il est impératif de réagir. La question est : quelle forme donner à cette réaction?. Alors que les associations, y compris les plus violentes d’entre elles (ALF, PETA, …) sont chouchoutées par une partie des médias, car nettement plus rock’n'roll que les scientifiques, l’accès aux espaces d’expression est difficile. Le principe d’une concertation citoyenne, utilisé pour les nanotechnologies ou les OGM, semble peu adapté. La société civile, si elle manifeste un désir de comprendre les conditions et les enjeux de l’expérimentation animale, en a nettement mois peur que des deux derniers.

Le peu de visibilité des informations fiables vient aussi de la nature même du problème. Les scientifiques qui pratiquent l’expérimentation animale savent qu’ils n’ont pas d’autre choix, mais ne vont pas multiplier les initiatives pour en parler. En face (et sans stigmatiser, la situation actuelle tient vraiment de la guerre de positions), les associatifs sont guidés par une passion presque instinctive, souvent hargneuse (est-ce un hasard si les photos du site de l’ALF présentent des militants en cagoule et treillis?). De fait, ils multiplient les sites, blogs, consacrés au sujet, se liant entre eux (ce qui augmente leur visibilité), et multiplient votre probabilité d’accéder aux informations qu’ils mettent en avant. Ces informations, je pense avoir suffisamment insisté au cours de cette série de billets, sont fausses ou présentées de manière à induire les gens en erreur.

Il ne s’agit pas d’un manque de connaissance du sujet. J’ai contacté récemment Gerald Berger (webmestre du site protection-des-animaux.org), pour lui signaler que les informations qu’il transmettait (issues des sites de ProAnima, PETA, OneVoice) étaient fausses ou volontairement inexactes, et proposé de rectifier les mensonges évidents. Pas de réponse de sa part évidemment[2]. Les scientifiques n’ont pas à lutter contre un manque d’informations. Ils se doivent de contrecarrer un ensemble d’actions de désinformation à grande échelle. De leur réussite dépend la manière dont la science est perçue par la société civile, autant dire qu’il n’est pas envisageable de laisser les mensonges se propager.

Alors même que les scientifiques sont aujourd’hui unanimes, il faut réduire au maximum l’expérimentation animale, tant que cela ne nuit pas à la recherche, certaines associations et certains sites internet (ce sont les mêmes personnes) continuent leur campagne de désinformation, en rabâchant sans cesse les mêmes arguments, et sans vouloir voir les progrès déja réalisés. Il est du devoir des scientifiques de mettre un frein à cette tendance, en multipliant les actions de communication, les initiatives, et en maintenant des liens étroits avec les journalistes, qui sont encore la meilleure passerelle entre la science et la société civile.

Notes

[1] La lecture du dossier que Who’s who ONG leur a consacré est instructive

[2] si ce n’est une censure a priori de tous mes messages, et ce depuis mon premier billet sur le sujet

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