La technologie nous rend elle plus productifs?

Posté par Timothée le 7 January 2007 | ,

La technologie, principalement l’informatique et les TIC, sont de plus en plus présentes autour de nous. Quelle est leur influence sur notre petit monde d’étudiants, et comment y réagissons nous? Quels sont les apports, et les côtés négatifs de la chose?

Back to basics

Petit retour en arrière, il y a quatre ans, quand je suis rentré pour ma première année universitaire. Le moins qu’on puisse dire, c’est que la technologie n’était pas omniprésente. Support de cours sur rétroprojecteur, si support il y avait, polycopié écrit à la main puis photocopié… L’usage de l’informatique était pratiquement inexistant. J’ai bien suivi quelques cours de SciLab, ou j’ai appris en 6 mois ce que je savais deja faire avec ma calculatrice.

Les échanges par mail étaient rares, pratiquement inexistants, et limités aux situations urgentes. En cas de besoin pressant de références, direction la bibliothèque, et recherche depuis l’ordinateur. Pour les présentations orales, il fallait donner le powerpoint a l’enseignant, qui réservait un chariot avec dessus un ordinateur et un vidéoprojecteur.

Quand je regarde aujourd’hui, je me rends compte combien les choses ont changées. Deja, il y a eu l’arrivée du WiFi, donc de la connectivité un peu partout sur les campus. Il y a eu les e-campus, ou les enseignants mettent bien volontiers leurs diapos de cours. Les étudiants ont commencé à se mettre aux nouveaux outils disponibles… chacun à son rythme. De même que pour les académiques au sens strict (enseignants, chercheurs, …), comme il est très largement expliqué chez Academic Productivity, on trouve plusieurs catégories.

Un peu de classification

Je vais essayer de faire une description rapide de mes catégories d’étudiants, selon leur rapport à la technologie.

Les indifférents

Les indifférents représentent la fraction des étudiants qui a décidé de ne pas prendre en considération cette invasion massive de technologie dans leur vie et dans leurs études. De manière générale, ils ne se lancent pas dans les nouveaux outils. La plupart du temps par réaction épidermique (c’est du jargon, ca sert à rien, on peut le faire à la main).

Si ils sont besoin d’un article, ils vont le chercher à la bibliothèque, ou demandent à quelqu’un de leur sortir. PubMed est pour eux un territoire potentiellement hostile, dans lequel on ne s’aventure qu’en cas de nécessité extrême. Pour eux, une information vient d’un livre, pas d’un article.

Si ils ont quelque chose à demander, ils vont voir la personne à son bureau, ou l’appellent.

D’après mes observations, ils représentent entre 5 et 10% de l’effectif d’une promo.

Les modernes

C’est le cas le plus fréquent. Ils ont accepté la transition, et l’ont plus ou moins bien vécu. Ils savent utiliser Office/Open Office, PubMed. Ils recopient leur références dans un document à part, éventuellement avec un tableur ou une base de données type Access, et impriment les articles.

Ils promènent leurs articles avec eux dans une petite chemise en papier, et écrivent beaucoup dessus. Un stabylo pour le texte, et bon vieux stylo pour les remarques dans les marges.

Ils lisent quelques bouquins à la bibliothèque, mais préfèrent les sources d’informations plus électroniques.

Ils n’hésitent pas à employer le mail, à rendre un travail imprimé.

Les modernes représentent au moins 75% de l’effectif.

Les cyber

Ils ne peuvent plus travailler sans leur ordinateur. Ils l’emmènent partout avec eux, dégainent PubMed avant que vous n’ayez eu le temps de dire anaphylatoxine, et ont oublié depuis longtemps à quoi ressemble une imprimante. Ils peuvent sans se poser de questions envoyer un mail à quelqu’une qu’ils verront deux heures plus tard, ou qui se trouve à 3 portes de l’endroit ou ils sont.

Ils utilisent CiteULike, font leurs dessins avec un logiciel comme Illustrator, utilisent le surligneur et les commentaires d’Acrobat Reader pour étudier un article. Ils sont capables de monter/démonter un vidéo projecteur en moins de 3 secondes.

Ils ont un WorkFlow robuste et parfaitement intégré. Leur table de travail est toujours bien rangée, sans papiers qui trainent. Tout est dans le disque dur.

On les voit rarement à la bibliothèque, après tout le NCBI tient des copies des bouquins à jour. Et puis en cherchant bien, on trouve les versions PDF.

Les cyber représentent 5% environ des étudiants.

Moi dans tout ca?

Ces catégories ne sont pas immuables. Par exemple, je me situe entre le moderne et le cyber. J’imprime le plus souvent les articles importants, mais j’annote directement les autres sur le PDF. Je prend des notes sur une feuille pendant ma lecture, quitte a en taper un résumé après.

J’utilise CiteULike et EndNote, je tape mes documents et je les imprime, ou j’envoie un pdf par mail au correcteur. J’ai des versions pdf de pas mal de livres dans mon disque dur, mais si j’ai besoin d’y passer du temps, j’utilise l’imprimé.

Je grabouille mes schémas sur une feuille, et je les recopie en vectoriel une fois pensés. Je fais mes graphiques avec R.

Je ne compte pas devenir un cyber, d’ailleurs. Le papier est beaucoup plus agréable que le clavier, en ce qui me concerne. On ne verra jamais écrire un résultat sur autre chose que mon énorme cahier de labo spiralé (y compris un tableau). Même si ça tient plus du hiéroglyphe que de l’écriture.

Du bon… et du moins bon

La technologie a changé notre manière de produire, et on peut difficilement le nier (sauf en étant totalement indifférent). Le fait de dématérialiser l’information permet un échange plus facile, plus rapide.

La démocratisation des outils on-line, notamment ceux qui ont un fort penchant social (comme del.icio.us, citeUlike, …), augmente encore la capacité d’échange.

Il est dommage que certains soient enfermés dans cette technologie. Il est à peu prés admis qu’écrire un cours permet une meilleur mémorisation que la simple lecture des informations (ancrage?). D’ou mon refus catégorique d’abandonner le stylo, conviction partagée par plusieurs des enseignants avec qui j’en ai parlé.

Quoiqu’il en soit, l’arrivée d’internet a permis une diminution du délai entre la recherche et l’accès à l’information. Si ce gain de temps est minime entre un cyber et un simple moderne, elle est flagrante entre n’importe lequel des deux et un indifférent. C’est à mon avis l’aspect qui doit, plus que tout autre, motiver les derniers réfractaires à se lancer dans les nouvelles sources d’information : le gain de temps productif.

Le mot de la fin sera bien sûr pour Guité : La technologie doit seconder la pensée sans s’y substituer. Toute technologie n’est jamais qu’un outil, un moyen de se rendre plus rapidement d’une question à un fait. Ces outils nous servent quand ils nous font gagner du temps, et qu’on ne les voit pas travailler. Ils nous aliènent à partir du moment ou il faut leur consacrer plus de temps qu’au travail proprement dit.

Encore une fois, tout est question d’équilibre…

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7 réponses pour le moment

7 réponses à “La technologie nous rend elle plus productifs?”

  1. Ce qui me tue le plus, c’est quand je repense aux fameux exposés que nous devions faire au collège et au lycée. Il fallait aller à la bibliothèque, apprendre à faire des recherches ou demander à la documentaliste (ce sont toujours des femmes !), croiser les sources, être parfois frustré par le manque de documents disponibles etc. Aujourd’hui, j’imagine (et je le constate grâce à certains commentaires d’élèves sur mon blog ou dans des forums type FuturaSciences) qu’il suffit d’un petit tour sur Internet, un coup de Google et c’est plié (ou presque). Et Wikipédia. Ahhhh…

    07 Jan 2007 à 9:57 pm

  2. Ce qui me tue le plus, c’est quand je repense aux fameux exposés que nous devions faire au collège et au lycée. Il fallait aller à la bibliothèque, apprendre à faire des recherches ou demander à la documentaliste (ce sont toujours des femmes !), croiser les sources, être parfois frustré par le manque de documents disponibles etc. Aujourd’hui, j’imagine (et je le constate grâce à certains commentaires d’élèves sur mon blog ou dans des forums type FuturaSciences) qu’il suffit d’un petit tour sur Internet, un coup de Google et c’est plié (ou presque). Et Wikipédia. Ahhhh…

    07 Jan 2007 à 9:59 pm

  3. C’est vrai…

    Mais c’était une bonne préparation! Maintenant, les lycéens qui préparent leurs TPE googlisent leur sujet, et ils ont même des références qui tombent.

    La nouvelle génération d’étudiants est beaucoup plus orientée technologies (j’ai fini mon DEUG presque sans utiliser mon ordinateur), mais à la réflexion, je ne suis pas sûr que ce soit entièrement positif. Utiliser des outils c’est bien, mais savoir ce qu’ils font et pouvoir le faire sans eux, c’est mieux!

    07 Jan 2007 à 10:09 pm

  4. exacoat Macbook Skins

    Enro ne doit pas se réjouir trop rapidement; l’apprentissage de la documentation sur internet est toujours d’actualité, dès l’école élémentaire ,et ma belle-fille documentaliste en collége a reproché au site”http://lotnaturegb.free.fr/botanique/ que j’ai initié de ne pas répondre aux questions que doit se poser un éléve: “Qui anime le site?,Quel est le sujet du site”. J’ai donc du me fendre d’un texte. Ceci dit, moi ancien étudiant dans les années 50 (!), j’ai du dessiner à l’époque avec d’autres plus de 700 fossiles pour produire un polycopié du cours de Géologie. Moyennant quoi, j’ai appris très rapidement à me retrouver dans les arcanes de la Géologie et de la Paléontologie . Mais actuellement, on ne peut plus se passer de l’outil Internet. Chacun doit s’arranger alors pour que cet outil soit un facteur de progrès personnel.

    07 Jan 2007 à 10:29 pm

  5. Tes indifférents sont plutot hostiles, en fait :)

    07 Jan 2007 à 11:41 pm

  6. Pas nécessairement… C’est plutôt que l’interet pour eux n’est pas évident…

    Il doit bien y avoir quelques hostiles dans le lot, mais ce n’est pas une majorité.

    08 Jan 2007 à 7:44 am

  7. blop

    Plus que la vitesse d’acces a l’information en elle-meme, c’est la possibilite de chercher dans des bases de donnees qui a change le travail du chercheur. Ce que je gagne avec PubMed, ce n’est pas les 5 minutes qu’il me faut pour aller chercher un article dont j’ai deja la reference, c’est la posibilite d’avoir la liste de TOUS les articles publies sur un sujet precis. “anaphylatoxin allergy mast” ? Je trouve les 51 articles publies dans le dernier demi-siecle dans pratiquement toute les revues scientifiques qui comportent ces trois mots ! Ce n’est pas seulement un gain de temps, c’est quelque chose qu’il aurait ete impossible de faire auparavant.

    10 Jan 2007 à 5:24 pm

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