Le blog du Doc’

N'a pas de facteur d'impact, mais y travaille.

Les prédateurs du pacifique ne sont pas menacés?

Sans commentaires (lu 10 fois)

Dans un article intitulé Biomass, Size, and Trophic Status of Top Predators in the Pacific Ocean, que l’on traduira par quelque chose comme Biomasse, Taille, et statut trophique des prédateurs dans le pacifique, l’équipe de Maunder dresse un état des lieux, moins alarmiste que les précédents. D’après les auteurs, les effets de la pêche sont conséquents, mais pas catastrophiques.

Preface : je déclare tout de suite un très fort parti pris dans cette affaire, en faveur des populations animales et contre la surexploitation des océans, pour éviter de me voir reprocher plus tard ma mauvaise foi et mon cynisme.

D’après les travaux de Worm et coll., la situation est assez grave, puisque d’ici à 2048, les poissons pourraient avoir disparu, entrainant avec eux le reste de l’écosystème marin. Pourtant, Maunder et coll. nous assurent que les changements subis par l’écosystème sont mineurs[1]. Leur étude a porté sur les données disponibles entre 1950 et 2004, pour la région pacifique sud.

D’un point de vue purement numéraire, on sait que la pêche a prélevé au moins 50 millions de tonnes de prédateurs de haut-niveau[2] en à peine 50 ans. Au total, la biomasse actuelle varie entre 36 et 91% de ce qu’elle serait putativement, en l’absence de pêche. Mais ces chiffres seraient égaux, ou même meilleurs, que ceux prévus par les quotas[3].

Je ne vais pas me lancer dans une analyse de l’article, pour deux raisons. Premièrement, il ne rentre pas dans mon champ de compétence, et les enjeux de l’article font que je n’ai pas envie de me planter dans mon analyse. Deuxièmement, l’article n’est pas disponible gratuitement, et je n’ai pas envie de me lancer dans une analyse a partir des figures seules. Troisièmement, j’ai deux jours de vacances entre deux UE, et j’ai dormi trois heures cette nuit :).

Je voulais juste faire remarquer que Science n’a pas publié les competing interests sur son site web. Pas plus que dans les données supplémentaires. Etrange, quand on sait que 3 des 4 auteurs sont employés (et listés comme tel sur le papier) par des commissions de gestion de la pêche. Seul le premier auteur est listé comme membre d’une université.

C’est assez étrange, quand on voit la mentalité actuelle, et les polémiques que ce sujet inspire en général (que ces sujets, en fait, on peut dire la même chose à propos des déclarations d’intêrets), qu’un journal de la qualité de Science ne rapporte pas ce genre d’infos[4]. D’autant qu’au vu des enjeux économiques, les intêrets de certains sont susceptibles de modifier profondément la lecture des résultats.

Notes

[1] These results indicate substantial, though not catastrophic, impacts of fisheries on these top-level predators and minor impacts on the ecosystem in the Pacific Ocean

[2] les thons et autres prédateurs de pleine eau

[3] Current biomass ranges among species from 36 to 91% of the biomass predicted in the absence of fishing, a level consistent with or higher than standard fisheries management targets

[4] un mois à peine après avoir publié les travaux de Worm et coll., par ailleurs

Ecrit par Timothée

15 déc 06 à 5:01

Laisser un commentaire

Sitemap