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Japon : sus a la baleine ?

Avec 2 commentaires (lu 45 fois)

Alors que je reviens d’EuroDisney (temple du consumérisme, et du cheddar fondu), une nouvelle depeche de l’AFP confirme les craintes de beaucoup, à savoir l’entetement du Japon dans son combat contre le moratoires régulant la chasse aux cétacés. Cette fois, les Japonais ont joué la carte du texte ‘annexe’ : prouver à la comission d’une majorité simple de pays sont favorables à la chasse à la baleine.

Le Japon, qui est à la tête des pays qui veulent la reprise de la chasse commerciale à la baleine, faisait une nouvelle tentative dimanche pour grignoter le moratoire après avoir échoué une quatrième fois en plus de deux jours de réunion.

Un texte circulait à la réunion annuelle de la Commission baleinière internationale (CBI) invitant les Etats membres à déclarer que ce moratoire était une mesure “temporaire” qui n’est plus valide en raison de l’augmentation du nombre de baleines.

Le moratoire, soutenu par les organisations écologistes, n’est pas vraiment menacé car il faut 75% des membres de la CBI pour le lever.

Mais si le texte intitulé “déclaration de St Kitts et Nevis” réussissait à passer, elle serait une victoire politique pour le Japon qui pourrait faire valoir qu’une majorité d’Etats membres pensent que le moratoire devrait être abandonné.

Les débats devaient être intenses sur ce texte dimanche, et le Japon semblait avoir une chance de dégager une majorité simple d’Etats en valeur de la chasse commerciale à la baleine.

Le Sénégal, qui appartient au camp favorable à la reprise de la chasse commerciale à la baleine, était absent les deux premières jours de la réunion, au cours desquels plusieurs propositions du Japon ont échoué de justesse.

Mais Dakar était là dimanche matin et a voté aux côtés du Japon qui a tenté en vain de faire supprimer le sanctuaire de baleines dans l’Antarctique, dans une quatrième tentative pour grignoter le moratoire.

On voit nettement que seuls des interets économiques sont en jeu; ces interets sont d’ailleurs en grande partie liée aux tendances de consommation en Asie de l’Est et du Sud-Est, ou la baleine est un plat de luxe, très prisé. Et ou la pêche à la baleine est une tradition ancestrale. Autant elle était une pratique noble quand elle était pratiquée par des pêcheurs sur des barques en bois, quand tuer un animal était un évenement rare, autant cette pratique est aujourd’hui un inacceptable jeu de massacre :

  • les techniques modernes de détection éliminent la part de hasard qui étaient, à la base, inhérentes à toute acivité de pêche
  • les baleines, du fait de l’augmentation du traffic maritime, sont habituées à la présence humaine, et perdent en méfiance, devenant des proies plus faciles
  • les armes dont les pêcheurs modernes disposent sont autrement plus puissantes que les harpons à main d’autrefois
  • le nombre de bateaux de pêche a augmenté de manière irraisonnée

La chasse à la baleine est devenue une activité pratiquement sans risque ( amis amateurs de BD SF, rapellez vous les pêcheurs de face de lune, la fresque de Jodorowsky, obligés de s’automutiler pour se rapeller que cette chasse avait été dangereuse avant), guidée uniquement par le profit, le profit, le profit. Même si la population de baleine a réaugmenté, il faut se douter qu’une nouvelle autorisation de la pêche aurait l’effet inverse, provoquant une nouvelle catastrophe écologique.

La mer mérite mieux que ca.

Ecrit par Timothée

18 juin 06 à 9:47

2 réponses à la note 'Japon : sus a la baleine ?'

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  1. Merci pour cet article et cette prise de position.

    Bravo

    Eric

    26 juil 06 à 10:54

  2. Merci,

    Ce genre de prise de positions ne devrait pas être considéré comme devant être valorisée, dans la mesure ou elles sont necessaires.

    Si plus de gens ne réagissent pas, c’est un signe du profond désintêret et du grand manque d’information concernant les sciences de la vie. La France se situe parmis les pays ou les habitants s’estiment le moins informés en matière de percée scientifique.

    La faute aux institutions (que la vulgarisation n’intéresse pas toujours, puisque elle demande du temps et des moyens, et que la recherche en manque, ou qui pratiquent l’élitisme concernant les personnes qui peuvent recevoir l’enseignement…), mais aussi aux personnes qui ont les connaissances et les idées pour mener une reflexion, mais qui ne les partagent pas.

    Le Doc'

    28 juil 06 à 6:56

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